1954 Alcatraz – Double peine

19/10/2018

Suite à un braquage, Joe se retrouve enfermé sur une des îles les plus connues du folklore américain : Alcatraz. Sa femme est menacée par ses anciens partenaires mafieux, persuadés qu’elle sait où se cache le fric. Le point de départ de cette histoire n’est pas très original mais il a le mérite de permettre à Daedalic de nous ramener dans le San Francisco des 50’s.

Cette aventure nous est contée sous les points de vue des deux protagonistes, chacun ayant ses problèmes et ses intérêts. Si Joe cherche avant tout à s’évader, Christine enquête sur le casse pour retrouver le butin, ce qui l’amènera à douter de la sincérité de Joe… La ville de San Francisco décrite respecte les clichés, entre les flics véreux, les artistes homos et les prêtres corrompus. On y navigue entre bars, librairies et autres night clubs, en y rencontrant des personnages caricaturaux et peu charismatiques.

En prison, Joe doit s’associer avec des malfrats pour réussir son plan d’évasion et retourner auprès de Christine, et ces deux aventures peuvent se jouer simultanément, nécessitant tout de même quelques interactions pour faire progresser l’un ou l’autre des personnages.

La prévisible baston dans la cour de la prison.

En tant que Point&Click, il n’invente rien, avec ses objets à ramasser, ces personnages à interroger et ses énigmes biscornues. Rien de fondamentalement raté, juste une certaine lourdeur des personnages ou de navigation entre les lieux. On peut aussi regretter certaines actions peu intuitives ou un brin tirées par les cheveux. On pense souvent avoir la solution mais elle est souvent plus compliquée que nécessaire.

L’écriture est sans surprise, sans gros défaut ni moment de bravoure. On traverse l’aventure sans ennui mais sans passion non plus ; le scénario n’est pas mauvais en soi mais n’est pas forcément mis en valeur par les énigmes peu claires et pas toujours évidentes, ce qui m’a valu de devoir aller essayer des trucs improbables ou reparler a des personnages alors que je pensais avoir déjà épuisé toutes les options de dialogue.

Le prêtre de Schrödinger, seul personnage présent en même temps hors et dans la prison.

Finalement apparaît la possibilité de faire des choix, ce qui dans ce genre habituellement linéaire est toujours une bonne idée. D’autant qu’il s’agit de décisions radicales affectant l’histoire, permettant donc de voir différentes fins. Une bonne idée que j’aimerais retrouver dans plus de jeux de ce type.

Graphiquement propre avec sa patte très cartoon qui commence un peu à dater, il souffre tout de même de quelques décors de qualité inégale et de tableaux plus inspirés que d’autres. La musique jazzy est par contre très réussie et met directement dans l’ambiance film noir, le tout accompagné de doublages plutôt corrects.

Capture en anglais mais le jeu est disponible en version sous-titrée en français.

1954 Alcatraz ne manque pas d’intérêt mais qui souffre d’un manque d’inspiration et de cohérence dans les énigmes proposées, ce qui représente tout de même le cœur d’un jeu d’aventure. Il laisse une impression mitigée à la fin des quelques heures qu’il dure, une bonne partie étant passée à faire des aller-retours, perdu entre deux énigmes bordéliques.

Mais quand on remet tout dans l’ordre, s’il est loin d’être le pire jeu du genre, il n’est clairement pas le meilleur Daedalic. Distribué dans masse de bundles et soldé à la moindre occasion comme souvent pour les jeux de l’éditeur, il ne devrait pas être compliqué à trouver à très bas prix pour vous occuper une après-midi, parce que les 10€ demandés sur Steam ou GoG plein tarif pourraient être bien mieux dépensés.

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