Old Man’s Journey – Là-haut sur la colline

19/10/2018

Personne ne souhaite vieillir, mais quand je serais grand, j’aimerais bien avoir autant d’énergie que le héros de Old Man’s Journey. Au calme dans sa bicoque au bord d’une falaise, il reçoit un jour un courrier qui va tout changer. On ne saura rien du message qu’il contenait, puisque le jeu est dépourvu de texte, mais lui il réagit au quart de tour : il fait son sac et prend la route sans même fermer ses volets.

Vu qu’on ne nous donne pas son nom, je vais l’appeler Charles, en hommage à celui qui a notamment prêté sa voix au film d’animation Là-haut. Sac sur le dos, bâton de marche en main, le voilà qui dévale les collines pour aller… quelque part. Et c’est là qu’on intervient.

C’était un surfeur hippie le Charlie.

Il va s’agir de déplacer le décor pour lui permettre de progresser dans les niveaux. C’est un puzzle, dans lequel chaque élément doit être agencé pour relier les différents lieux qu’il doit atteindre, en prenant en compte que la colline qu’il occupe est figée. On avance donc par petites étapes, on fait monter et descendre les collines pour trouver des correspondances entre les pièces et dévoiler les détails du décor.

Et ils sont nombreux, entre les arbres qui bruissent quand on les survole avec le curseur, les oiseaux qui s’envolent ou l’eau des cascades qui s’altère, on peut trouver plein de petites interactions possibles. Elles sont principalement cosmétiques mais confèrent au titre une superbe ambiance, douce et poétique.

Le gameplay : il faut bouger les lignes jaunes pour créer un chemin.

Chaque tableau se termine avec Charles qui se pose sur un banc ou en terrasse, ce qui lui donne l’occasion de se rappeler son histoire. A travers ces « cinématiques », on comprend peu à peu ce qu’il a vécu et on devine la raison de son départ soudain. Le tout sans un seul dialogue ou texte d’exposition. Un exemple de narration non-verbale, exercice casse-gueule ici maitrisé avec talent.

Quand je disais qu’il était solide le vieux, ce n’est pas pour rien : il tombe en traversant les cours d’eau, il grimpe des pentes que même Lance Armstrong trouverait difficiles et il gambade tel un chamois entre les collines. J’ai même bloqué un moment sur une cascade, pensant qu’il lui serait impossible voir fatal de tomber d’une certaine hauteur, mais non, il s’est relevé, merci pour lui.

Non, ce n’est pas la bande-annonce du prochain Speed.

Les tableaux sont très courts et très faciles, la solution la plus simple est toujours la bonne. Ce n’est pas le challenge qui pousse à continuer mais bien l’envie de savoir où il va, au final, ce vieux Charles. Il va traverser de nombreux décors et utiliser divers moyens de transport (train, bateau, camion, montgolfière…) pour varier les situations, mais le gameplay n’évolue qu’à peine (quelques subtilités en plus avec l’apparition des moutons ou des rochers à faire rouler…) et surtout ça n’a pas beaucoup d’influence sur la durée de vie.

J’ai en effet atteint la fin du voyage en moins d’une heure et demi. C’est incroyablement peu, et même s’il faut saluer la qualité de la direction artistique dans son ensemble, il n’empêche qu’entre l’absence de challenge et la fin qui arrive très vite, on est plus en présence d’une expérience narrative que d’un jeu vidéo.

Les décors sont colorés, dessinés et animés avec soin.

Il s’agit clairement d’un des moments les plus sympathiques que j’ai passé devant un jeu, une vraie réussite avec ce scénario qui se dévoile petit à petit pour raconter une jolie histoire, ces graphismes agréables et cette ambiance relaxante.

Une petite balade comme on aimerait en faire plus souvent, mais qu’on souhaiterait surtout voir durer plus longtemps parce qu’on sent bien que Charles en avait encore sous la chaussure. Cette petite perle de Broken Rules est vendue 8€ sur Steam ou 6,50€ sur Itch.io et mérite toute votre attention.

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