35MM – C’est un peu court, jeune homme

10/04/2019

Une terre désolée… des ruines sous un ciel gris… un barbu qui parle russe… Ça sent le post-apo désespéré cette affaire. 35MM commence dans une cabane au milieu de nulle part et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Dans ce Walking Simulator, on incarne un mec dont je n’ai pas retenu le nom. Avec son compagnon de route, il marche en direction d’on ne sait trop où.

Mais il y va, alors allons-y puisque de toute façon, si on s’éloigne du chemin, les murs invisibles nous rappellent à l’ordre. Ces premières minutes sont l’occasion d’apprécier les contrôles, raides comme Depardieu en avion. Comme lui, j’ai vomi, puis j’ai désactivé ce dodelinement de la tête qui donne l’impression d’avoir le cou sur ressort, en plus de la gerbe.

En phase d’intense réflexion.

Apparemment, le héros de notre histoire a des problèmes de vue. Oui, j’essaie de trouver une explication à la qualité des graphismes, qui pourraient très bien ressembler à ça à cause d’un délire d’artiste (ne faites pas ça chez vous, à une conjonctivite pourrait bien s’ajouter une méningite). Mais je sais bien que je me fourvoie : tout est flou, pixelisé, brumeux, et les bâtiments sont l’œuvre des artisans de chez Kopi&Kolé.

Malgré tout, l’ambiance est plutôt sympa, l’abandon et la dévastation se font bien sentir et pour ne rien gâcher, de temps en temps, la musique fait mouche et accompagne parfaitement l’action. Enfin l’action, c’est beaucoup dire. Le gameplay se résume à fouiller des lieux quasiment vides, à trois phases de FPS que je qualifierais de pénibles pour rester poli et à une ou deux quêtes Fedex, le tout entrecoupé de cinématiques censées nous raconter l’histoire.

Le passage sur les rails, pas le pire moment du jeu.

Elles sont malheureusement mal jouées et confuses au possible, en plus de ne pouvoir être passées et si on recommence une zone, on y aura droit de nouveau. Pour ne pas m’énerver inutilement, je me contenterais de mentionner l’existence des QTE, mais je ne les souhaite à personne. Enfin, vous avez un appareil photo autour du cou durant toute l’aventure (d’où le titre) mais il ne sert qu’en de rares occasions et uniquement pour valider des succès Steam. Super. Le comble : j’imaginais bêtement que les photos prises seraient par la suite accessibles en tant que captures d’écran. Que dalle. Vous aurez donc droit à des images du jeu chopées sur le net.

Le fameux appareil photo dont on oublie l’existence assez rapidement vu son utilité.

On se retrouve donc dans un jeu pas aidé par ses contrôles, au gameplay particulièrement mou, discutable graphiquement et où on est la plupart du temps perdu. Mention spéciale à la fin du jeu dans cette ville où tout se ressemble. Elle représente tout de même une des rares satisfaction, avec la résolution du scénario qui se révèle plus profond qu’il n’y paraissait. M’enfin s’il était raconté correctement, on aurait eu envie de s’y intéresser plus tôt.

Tout ça pour une durée de vie de trois heures qui contraste un peu avec les 9€ demandés sur Steam par Носков Сергей (qui a depuis réalisé 7th Sector qui a l’air déjà plus réussi graphiquement), mais il est heureusement passé en bundle plusieurs fois depuis sa sortie en 2016 et doit pouvoir s’échanger contre un Mars. A vous de voir ce qui vous semble valoir le plus entre les deux, mais moi je préfère quand ça repart.

Genre : Walking Simulator

Développeur : Носков Сергей

Éditeur : Носков Сергей

Plateforme : Steam

Prix : Environ 9€


Date de parution : 28 mai 2016