Bastard Bonds – C’est pas glorieux

10/04/2019

La série des Elder Scrolls nous a appris à débuter notre aventure en prison. La série Prison Break ne nous a de son côté rien appris pour nous aider à en sortir. Encore de la publicité mensongère. Sans compter le fait que Prison Break, c’est la version pour enfants d’une série comme Oz. Mais je digresse déjà allègrement alors que je n’ai pas encore évoqué Bastard Bonds.

C’est donc derrière les barreaux que démarre ce jeu de rôle de Bigfingers, alias Ger, unique développeur canadien du studio au logo subtil qui aime visiblement dessiner des gens à poil, quand on voit son catalogue de jeux. On peut d’ailleurs le voir dès l’écran titre, avec l’option d’afficher des personnages habillés ou non.

Alors, encore un jeu de la Baalim Corp© à destination des vicelards ? Pas vraiment, vu qu’en dehors de cet écran, vous ne serez qu’à de rares occasions confrontés à des zigouigouis et des zezettes, d’autant que vous aurez la possibilité de vous épargner ces images à peine suggestives vu la finesse du pixel art. Note aux pervers, ne venez pas pour le « contenu adulte » : s’il n’est pas absent, on est très loin d’un Melty’s Quest.

Une foule d’éléments pour personnaliser son perso, mais tout ceci reste cosmétique. Même si j’ai du mal à employer ce mot vu la gueule du résultat.

La création du personnage est assez sommaire, même si elle implique des questions que l’on a pas l’habitude de nous poser ; il va en effet falloir choisir le crime dont est accusé notre avatar, ainsi que sa culpabilité. Vous avez toujours voulu passer devant un juge pour vol, pyromanie ou kidnapping ? Faites vous plaisir, mais sachez que c’est ce crime qui vous définira pour le début de l’aventure. Vous définirez aussi son apparence, alors dites bonjour à Groku, votre gros barbu qui se promène le cul à l’air, violeur niveau 1 de son état.

Dans les possibilités offertes par le créateur de personnage, seuls trois types sont disponibles : homme, femme ou orc, le tout décliné en différents gabarits. Vous lui rajoutez des cheveux et / ou des fringues, un nom et vous voilà devant le juge, qui va, sans surprise, vous condamner à la prison.

Pas encore sorti de cellule et déjà des questions inutiles.

Donc, ça se passe en taule avec parfois des gens tous nus ? Il y a des QTE pour ne pas lâcher la savonnette ? Point de tout ceci, puisque tel un vulgaire Daggerfall, Bastard Bonds va commencer par notre évasion. Un personnage viendra vous sortir de votre cellule et il sera différent en fonction de vos choix précédant le procès. Mais avant de s’intéresser à vos compagnons, commençons par sortir de ces tunnels.

Un tutorial basique vous explique comment interagir avec l’environnement, vous battre et ramasser des objets, dans ce qui a été à chaque partie un calvaire d’une difficulté absurde pour les premières secondes de jeu. Les combats sont bordéliques et les gardes costauds ; malgré l’aide de notre sauveur providentiel, les aventures de mes repris de justesse ont plusieurs fois fini à quelques mètres à peine de la porte de notre cellule.

Au moins la carte est Ôjolie et remplie de lieux à visiter.

Joués en tour par tour, ils sont à la fois simplistes vu le nombre limité d’actions possibles, tout en étant très difficiles à comprendre vu le manque d’infos disponibles. J’ai lu des retours de gens sur ce jeu qui les ont visiblement appréciés, mais pour moi (qui suis pourtant un habitué du genre) ils sont clairement le point faible du titre. Et vu qu’ils constituent une grande partie du gameplay… C’est surtout l’interface dans son ensemble qui n’est pas satisfaisante. Difficile à expliquer mais il y a un manque de feedback dans chacune de ses actions qui rend le tout confus.

Après de nombreuses tentatives infructueuses, j’ai enfin réussi à sortir du donjon où je purgeais ma peine. On arrive alors sur une carte parsemée de points d’intérêts qui sont autant de lieux où l’on va se battre avant d’atteindre un endroit qui nous servira de base. Il y a en effet une petite partie gestion, notamment celle des compagnons et de l’inventaire, ainsi que des améliorations à acheter pour avoir accès à des marchands, par exemple. Dans les faits, c’est assez imbitable, encore une fois grâce à une interface déroutante et mal foutue. Je trouve celle de Dwarf Fortress plus simple et réactive, pour vous donner une idée.

C’est pourtant clair comme interface, non ?

On continue à explorer, à rencontrer des gens qu’on va accueillir dans son groupe, tout en découvrant un scénario qui va nous mener à travers toute la carte de l’île de Lukatt. L’univers semble classique mais développé, avec des dieux, de la magie, différentes races de personnages et de monstres… J’avoue ici sans vergogne n’avoir que très peu avancé, déjà parce que crever en boucle contre des ennemis relous à combattre m’a assez vite lassé et surtout parce que globalement, il n’est pas agréable à jouer. Les graphismes sont plutôt grossiers et manquent de couleurs, la musique est quelconque, et l’interface, j’insiste mais fallait quand même réussir à pondre un truc aussi raté, manque clairement de finition.

J’ai lu les avis de joueurs qui ont réussi à rentrer dans l’aventure et qui ont apprécié ce jeu, mais personnellement je n’y suis pas parvenu. Il a quelques bonnes idées, il aurait pu me plaire vu le mix RPG / combats en tour par tour qu’il propose, mais non, ça ne fonctionne pas avec moi. Touffu en plus d’être parfois trop difficile, sa durée de vie semble très correcte pour les Ô10€ demandés sur Steam, mais je ne peux le conseiller qu’à ceux qui sauront apprécier ce qui m’a servi de repoussoir. La démo proposée sera parfaite pour s’en rendre compte.

Genre : RPG / Tactique tour-par-tour

Développeur : Bigfingers

Éditeur : Bigfingers

Plateforme : Steam

Prix : Environ 10€


Date de parution : 29 avril 2016