Battle Brothers – La vie en bro

10/04/2019

D’autres ont déjà beaucoup parlé de Battle Brothers, mais ce n’est pas ce qui va m’empêcher de m’exprimer sur le sujet. Si vous avez lu l’article précédent sur Low Magic Age, bravo, vous avez trouvé comment marchent les liens en bas d’article. Et vous avez constaté que je me permettais de rapprocher ces deux jeux dans leur concept. Mais s’ils ont des similitudes, ils proposent deux expériences parfois radicalement différentes.

A la tête d’un groupe de combattants, communément appelés « bros », vous allez tenter de devenir une troupe renommée voir légendaire, dans une contrée en proie à la guerre et aux fléaux en tout genre. Vous promènerez votre bande à travers bois et marécages pour accomplir diverses missions comme déloger des bandits qui sévissent autour d’une ville, raser le repaire d’un nécromancien ou escorter des caravanes.

Un exemple de carte générée aléatoirement.

Composée de trois membres au départ, vous grossirez les rangs avec les pouilleux et les traine-savate des villages visités. Après les avoir équipés, vous en ferez, au fur et à mesure de l’expérience engrangée lors des combats, d’implacables machines à tuer. S’ils survivent jusque-là.

Disons-le tout de suite : Battle Brothers est un jeu brutal. Les combats ne laisseront pas vos bros indemnes et les victoires à la Pyrrhus ne sont pas rares. Entre les morts, les blessés graves avec séquelles permanentes et l’équipement en lambeaux, vous allez souffrir. La tentation du ragequit est grande à la perte de votre meilleur combattant que vous aviez patiemment customisé pour le rendre redoutable, surtout quand il se fait lamentablement décapiter par une peau-verte facétieuse. Il a été prouvé scientifiquement sur un échantillon composé de moi-même que ce jeu provoque des envies de lapidation à la croquette pour chat.

La fiche de personnage et les options d’évolution.

L’univers transpire le medfan avec ses orcs et ses morts-vivants mais c’est plus le côté médiéval qui ressort ; au quotidien, point de magie ou d’autre race jouable que nos bons vieux humains aux gueules cassées, mais villages miteux, campagnes jonchées de champs de bataille… On alterne donc entre la carte principale où on gère les déplacements, le commerce et la gestion de l’inventaire et de ses troupes, et ces combats en tour par tour avec une belle panoplie de possibilités tactiques qui raviront les fans du genre.

Le moindre déplacement, les distances d’attaque, le moral, la dégradation de l’équipement et autres « coups spéciaux » débloqués par les capacités choisies à chaque prise de niveau, chaque élément compte et seule une utilisation réfléchie (ainsi qu’un peu de chance, quand même) vous permettra de vous sortir des affrontements les plus délicats. L’accès à des armes et armures plus puissantes et résistantes devra se faire progressivement car à la différence de Low Magic Age (pour l’instant), Battle Brothers a un scénario.

Pas très résistants, mais toujours en nombre ces brigands.

Bon, je m’emballe, tout de suite les grands mots ; en fait de scénario il s’agit plutôt de menaces qui se pointent à intervalles réguliers. Le monde est créé aléatoirement au début de chaque partie, nous offrant des noms de ville aux doux accents germano-slaves et un territoire pas toujours facile à explorer. Les premiers jours servent à monter une équipe qui tient la route, avec quelques évènements à gérer pour donner une personnalité à votre bande d’embrocheurs (ce qui est une très bonne idée), mais au moment où vous commencez à vous sentir à l’aise face aux bandits et à ces sortes de loups garous, survient la première crise.

Que ce soit une invasion de peaux-vertes, la guerre civile ou l’avènement de l’hiver le remake de la nuit des morts-vivants, attendez-vous à voir le monde changer, avec des villes qui peuvent carrément être rasées, et à devoir vous impliquer dans de nombreux combats durant lesquels vous aller suer des boules. Non je ne suis pas gratuitement vulgaire, j’utilise le vocabulaire approprié. Si vous survivez, vous aurez un petit répit pour vous refaire avant de vous en taper une deuxième, quelques dizaines de jours plus tard.

Les villages, leurs vendeurs et leurs quêtes seront des passages obligés.

S’il y a un côté parfois répétitif quand on enchaîne les rencontres fortuites, qu’il faut garder la foi pour remonter une équipe qui tient la route après une défaite coûteuse en bros et en Ôéquipement et qu’il est possible de rater cinq fois d’affilée une attaque qui a 90% de chances de toucher (en hommage à XCOM sans doute), Battle Brothers a cette capacité à me happer pendant des heures.

Si j’ai parfois l’impression d’y jouer avec un martinet tant il faut aimer souffrir, quand même, quel pied d’arpenter ces terres hostiles, de voir ses cul-terreux monter en puissance, d’être respecté par les différentes factions qui peuplent le continent et ainsi avoir accès à de nouvelles quêtes, de remporter des combats sur le fil et de repartir avec l’équipement fraichement arraché des mains des victimes.

Ces situations sont un peu trop rares.

Agréable à regarder bien que proposant des graphismes simples, on se fait vite au look culbuto de nos bros et aux animations basiques. On peut toutefois regretter une palette de couleurs assez terne (mais qui colle bien à l’ambiance désespérée) ou ces éléments de décor qui rendent parfois les champs de bataille difficiles à lire.

C’est le premier jeu des allemands d’Overhype Studios et c’est d’autant plus surprenant qu’ils aient pondu une sacrée réussite sur tous les plans. Des choix de gameplay simples mais qui offrent beaucoup de profondeur, des builds de personnages variés et à peu près équilibrés, un côté épique avec ce monde déjà pas en forme olympique qui s’effondre et une difficulté sans concessions, je recommande Battle Brothers à coups de hache à deux mains. Et arrêtez votre abonnement au Humble Monthly pendant quelques mois pour pouvoir l’acheter plein tarif, parce que la qualité ça se paye et que si vous aimez le genre, vous ne jouerez à rien d’autre de toute façon.

Genre : Tactique tour-par-tour

Développeur : Overhype Studios

Éditeur : Overhype Studios

PlateformeSteam, GoG

Prix : Environ 28€


Date de parution : 24 mars 2017