Cluck Yegger in Escape From the Planet of the Poultroids – KFC at Freddy’s

10/04/2019

Je n’aime pas les jeux qui font peur et quitte à apprécier une petite flippe de temps en temps, je préfère que cela implique la psychologie. Le jumpscare, l’image horrible qui vous saute à la gueule avec un son désagréable et strident, c’est clairement le niveau zéro de la pétoche. J’ai découvert un peu tard que dans « Cluck Yegger bla bla un nom trop long pour son propre bien », c’est un jumpscare qui sanctionne le game over. Je l’ai donc laissé de côté pendant des mois avant d’y retourner pour l’éliminer de mon backlog. Et je n’ai pas eu trop peur, finalement.

Dans un univers étrange où les poulets parlent et pilotent des vaisseaux, Cluck, après moultes péripéties avec sa némésis, s’écrase sur une planète hostile, juste en face d’une usine de poultroids, des robots poulets qui vont tenter d’infiltrer son épave pour lui picorer le cloaque durant la nuit. Notre gallinacé a besoin de sept jours pour réparer et mettre les voiles, mais il va devoir tenir les sept nuits en tentant de gérer les poultroids tueurs.

Voilà l’usine d’où sortent vos ennemis. Oui, ils ont fait une faute à KFC.

Vous connaissez Five Nights at Freddy’s ? Moi non, mais une courte recherche m’apprend qu’il s’agit du même genre de jeu d’horreur dont il serait une parodie. Chaque nuit, réfugié dans son cockpit, Cluck Yegger peut observer la progression des poultroids dans son vaisseau à l’aide de caméras. Il peut également scanner l’usine pour en savoir plus sur les créatures qu’elle produit, ou se fier au son pour savoir si les ennemis se rapprochent.

Enfin, il peut balancer un flash pour repousser temporairement la volaille. Mais le plus important reste la gestion des portes du cockpit, qu’il faudra maintenir fermées au bon moment pour éviter de perdre la partie et se taper le jumpscare relou qui va avec. Pour être complètement honnête : le jeu propose dès son lancement de supprimer cet effet, ce qui est tout à son honneur.

Mais, me direz-vous avec à-propos, qu’est-ce qui empêche l’ami Clucky de maintenir les portes fermées en permanence pour attendre le lever du jour ? La barre d’énergie dont il dispose, vous répondrais-je promptement. Toutes les actions coûtent un pourcentage de cette barre et si elle est vidée avant que l’horloge sonne 7h du matin, Cluck passera à la becquée. Tout repose donc sur votre capacité à utiliser cette énergie de façon pertinente et à la faire durer jusqu’au bout.

Le matin du dernier jour. Pas mécontent de ne pas avoir à me retaper une nuit de plus.

Les graphismes simples mais efficaces sont bien épaulés par l’ambiance orageuse. Les éclairs rythment la nuit, les micro-coupures de la lumière laissent présager le pire et si les bruits de pattes dans les coursives du vaisseaux n’atteignent pas les sommets d’Alien Isolation, l’ensemble est techniquement propre. Niveau gameplay, c’est malheureusement moins réussi, ou plutôt c’est aussi limité qu’on pouvait s’y attendre.

Observer les poulettes se promener dans le vaisseau n’a qu’un intérêt limité et tenter d’utiliser le flash ne fait que dépenser inutilement de l’énergie. Le plus important reste de préserver l’intégrité du cockpit et on se retrouve vite à vérifier les deux accès sans se soucier de ce qu’il se passe dans le reste du bâtiment. Au bout de quelques nuits, un gros piou-piou vient aussi cogner à la vitre qu’il faut également savoir fermer à temps, mais les bruits de pas de ce monstre énorme sont suffisamment évidents à entendre pour anticiper les attaques.

La vision nocturne, parfait pour éblouir la volaille et pour vider votre batterie.

C’est évidemment très répétitif et finalement très facile d’attendre le dernier moment pour dépenser le jus pour fermer les portes sur le bec des robots en attendant que le jour se lève. Les nuits se succèdent sous une pression permanente mais il manque une vraie intensité pour rendre ce jeu intéressant. Basé sur un concept vraiment limité, même porté par une technique correcte, Cluck Yegger est un petit jeu popcorn qui ne laisse pas un souvenir impérissable.

Sorti en novembre 2015 et développé par Guys From Andromeda LLC, studio américain composé de Scott Murphy et Mark Crowe, créateurs de la série de point&click Space Quest qui a récolté plus de $500 000 sur Kickstarter en 2012 pour réaliser Space Venture. Ce dernier, annoncé comme la suite spirituelle des Space Quest (et dont Cluck Yegger est un spin-off) est officiellement toujours en développement.

Si vous appréciez le gameplay de Five Nights at Freddy’s, vous pouvez tenter l’aventure, mais sachez que Cluck Yegger mon cul c’est du Poultroid ne vous proposera pas un challenge passionnant et dispose d’une durée de vie très courte. Honnêtement, vous pourriez mieux dépenser ces 3€.

Genre : Kifépeur avec des poulets

Développeur : Guys From Andromeda LLC

Éditeur : Guys From Andromeda LLC

PlateformeSteam

Prix : Environ 3€


Date de parution : 9 novembre 2015
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