CONSORTIUM – Sans suite mais des idées

10/04/2019

Sorti début 2014 (déjà 5 ans…) soit un an après une campagne  Kickstarter réussie, Consortium se présente comme un RPG de science-fiction avec embranchements et différentes résolutions du scénario. Il n’a pas complètement tort, mais est-ce que cela suffit pour en faire un bon jeu ?

Le premier contact est difficile. Dans une ambiance étrange, on accomplit une sorte de prise de possession d’un corps, celui de Bishop 10. Une femme vient alors nous « réveiller » et on passe en vue FPS pour aller lui ouvrir la porte. Elle semble énervée qu’on ne connaisse rien à rien, pas même notre nom.

Car oui, on joue les deux pieds dans le méta : nous sommes un joueur de jeu vidéo d’une autre dimension, un imposteur qui se fait passer pour le Bishop du vaisseau. Heureusement, ce dernier vient de prendre ses fonctions et personne ne le connait vraiment, mais on peut tout de même éveiller les suspicions en répondant n’importe comment à la dame et aux autres personnages…

C’est ballot, on venait juste de faire sa connaissance.

La découverte du vaisseau nous permet d’admirer des graphismes qui me rappellent Wrack sans le cell shading. Le design est donc très moyen et générique, tout se ressemble et ça ne va pas nous aider à nous orienter. On se promène un peu, on active quelques interrupteurs, mais le scénario ne compte pas nous laisser nous en tirer comme ça et nous envoie dans le simulateur de combat avec une excuse miteuse.

Ce passage a failli me faire désinstaller le jeu. Très laid, aucune sensation, le tout rehaussé par une interface qui a sans doute assassiné le principe d’ergonomie puis dissout son cadavre dans de l’acide. La gestioÔn de l’inventaire est mieux faite dans Skyrim. Un calvaire qui se termine tout de même assez vite.

Enfin libéré, le jeu commence vraiment. Appelé sur le pont, on rencontre les autres membres de l’équipage, nommés suivant des pièces de jeu d’échec. Une bonne idée pour le background, mais ça n’aide pas à savoir qui fait quoi, à part évidemment les pions, qui reçoivent des ordres. On parle avec tout le monde, on intercepte des conversations qui s’arrêtent quand les personnages s’aperçoivent de notre présence… Certains ont d’ailleurs des sentiments bien arrêtés sur le nouveau Bishop.

Ça y est, ça s’accuse dans tous les sens.

On comprend aussi que tout se passe en direct et que si on se trouve au bon endroit au bon moment, on peut voir des choses qui vont directement influencer la suite. Un univers « dynamique » qui n’a pas besoin du joueur pour avancer, c’est mon rêve depuis des années. J’aurais préféré un meilleur emballage mais on fait avec ce qu’on a.

Par curiosité, je me suis connecté à la base de données de l’ordinateur central du vaisseau et la quantité d’infos accessibles est vertigineuse. La recherche à base de mot clé fait ressortir moult correspondances, des textes très longs et rédigés comme des articles de presse. C’est imbuvable, d’autant que la police de caractère utilisée n’est pas la plus agréable à l’œil.

Quand le drame se déclenche, on passe en mode enquête, un des meilleurs moments du jeu puisqu’on va nous demander de découvrir qui est le traitre à bord. Je vous passe les détails, mais on peut se planter lourdement d’autant que les informations pertinentes sont plutôt bien planquées.

Est-ce bien normal qu’elle soit en train de déconnecter ces serveurs ?…

Dès le départ, le jeu annonce que chaque partie peut être différente en fonction de ses choix, et je confirme, cela fonctionne. Même si l’ensemble suit une trame formée de certains évènements majeurs, on peut effectivement obtenir plusieurs résultats différents suivant certaines découvertes ou décisions.

Le gros problème, en fait, c’est sa fin. Ou son absence de fin, c’est selon. Abrupte, elle ne répond à aucune des questions posées et s’achève sur un cliffhanger du pauvre, nous invitant à attendre la suite alors qu’on approchait d’un moment crucial. On est au printemps 2019 et on attend toujours qu’elle sorte d’Early Access. Il y a déjà de quoi faire dans Consortium mais il était important de le signaler.

C’est un jeu particulièrement inégal, avec de très bonnes idées de gameplay, de dialogues, un vaisseau plus grand qu’il en a l’air avec ses passages dissimulés et certains personnages plutôt bien écrits. Ça ne contrebalancera pas forcément les graphismes, les bugs, les combats, les bugs, le scénario finalement assez basique et les bugs…

Le cockpit du bazar, avec son esthétique années 70.

Il faut avoir envie de s’accrocher pour entrer dans l’univers de Consortium et le résultat ne plaira pas à tous les courageux. Il y a cependant des idées rafraichissantes dans le titre des canadiens d’Interdimensional Games Inc, une vraie façon de raconter une histoire, mais la technique ne rend pas service à ces intentions. C’est uniquement pour ça que je vous conseille de vous intéresser à ce jeu, d’ailleurs uniquement disponible en anglais.

Petite précision : c’est à mon sens un RPG plus qu’une histoire interactive puisqu’on va influer sur la personnalité de notre avatar par nos décisions, la perception des autres membres de l’équipage va évoluer en fonction tout comme la résolution des situations… Comme quoi, pas besoin de points d’XP à répartir dans des caractéristiques…

Il est aujourd’hui vendu 10€ sur Steam et un peu moins sur GoG pour une durée de vie de quelques heures et un potentiel de rejouabilité évident… Vous allez sans doute vous foirer dans votre premier essai avant de comprendre de quoi il retourne, c’est vraiment à la deuxième partie que ça commence. La question est alors : en aurez-vous l’envie ?… Je conseille d’ailleurs de s’éloigner de tout spoiler de quelque forme que ce soit si on a envie de profiter de ce que Consortium a à offrir. A réserver aux curieux qui auront la motivation d’aller gratter sous la surface parfois rugueuse et pas de toute première qualité.

Genre : FPS / RPG / Immersive Sim Light

Développeur : Interdimensional Games Inc

Éditeur : Interdimensional Games Inc

PlateformeSteam, GoG

Prix : Environ 10€


Date de parution : 8 janvier 2014