Convoy – Mais pas exceptionnel

10/04/2019

Convoy se présente officiellement comme un FTL dans une ambiance Mad Max et il faut bien avouer que c’est une simplification plutôt correcte. Se comparer d’entrée à la référence d’un genre qu’il a lui-même inventé, c’est ambitieux mais casse-gueule. Attachez vos ceintures, on part brûler du carburant et évidemment casser des gueules dans ce monde post-apocalyptique pixelisé.

L’histoire ne nous dit pas où on allait dans notre beau vaisseau, mais lorsque ce dernier s’est justement cassé la gueule sur cette planète, cela n’avait que peu d’importance ; pour pouvoir repartir, il nous faudra réparer les dégâts. Nous voilà donc partis pour une séance de « vis ma vie de livreur Fedex ».

Aux commandes d’un grokamion et de son escorte, on va arpenter les territoires désertiques et autres villes en ruines aux mains d’une des trois factions qui s’en disputent les restes. Elles ont chacune leurs particularités et leurs type d’ennemis, même si à l’usage, ces différences n’ont que peu d’influence sur notre façon de jouer.

La carte est divisée en hexagones que l’on traverse plus ou moins vite ; les routes sont le chemin le plus rapide tandis que les reliefs vous donnent l’impression de piloter une charrette à bras. Vu qu’il faut gérer le carburant de notre convoi, la ligne droite n’est pas toujours le meilleur choix pour atteindre son objectif.

Les quatre morceaux de vaisseau à récupérer sont disposés aléatoirement et les quêtes pour les obtenir sont divisées en plusieurs étapes, qui peuvent vous faire traverser la carte de long en large ou se trouver à quelques mètres. La chance peut donc avoir un impact sur la difficulté et la durée de la partie.

En chemin, on va faire des rencontres, mais pas du genre à chanter Kumbaya auprès du feu. Ces événements aléatoires peuvent avoir des conséquences positives comme un gain de ressources, voire même déclencher des quêtes Fedex qui apportent de jolis bonus, mais le plus souvent ça se terminera en baston.

C’est là qu’on retrouve des idées piquées à FTL et adaptées à la sauce Mad Max. Le gros camion (dont la perte signifie le game over) peut accueillir des armes ou des boucliers, mais c’est surtout avec l’escorte que l’on va jongler. En temps réel pausable, on va les déplacer sur une route en mouvement, éviter les obstacles naturels et tenter de détruire les véhicules qui nous agressent.

Ils ne fuiront pas même s’ils se prennent une peignée, ce seront donc des combats à mort. On dispose de différents modèles de voitures, certaines possédant plusieurs emplacements d’armes et autres équipements, d’autres se limitant à une tronçonneuse à la place du pare-buffle et devant donc aller au contact. Les armes disposent d’une puissance, d’une portée et d’une efficacité selon le type de défense de l’adversaire, même si en pratique on prend surtout ce qu’on trouve.

Un combat à pleine vitesse au milieu du désert comme vous en connaitrez beaucoup.

L’escorte, de deux véhicules au départ, peut comporter jusqu’à quatre tas de boue, ce qui multiplie notre puissance de feu, mais ils sont rares et chers ; il faut donc tout faire pour ne pas en perdre bêtement sur des mines ou des rochers. J’aime beaucoup ces combats avec leur côté tactique mais ils sont vite répétitifs par manque de variété dans les armes et accessoires disponibles.

Seules certaines bastons viennent apporter de la variété, notamment le boss final qui est particulièrement retors ; même si vous rouliez sur les ennemis croisés aléatoirement, ce dernier est composé de plusieurs éléments qu’il faudra détruire un par un. Cette bataille interminable rehausse violemment la difficulté, ce qui est particulièrement vicelard mais rend la victoire d’autant plus gratifiante.

Graphiquement, il a son style assumé qui ne me gêne pas mais qui manque de personnalité avec sa palette de couleur assez terne. Il reste tout de même clair et compréhensible si l’on excepte la police de caractère utilisée qui fatigue vite les yeux. Par contre la partie sonore est complètement dispensable, elle manque de présence et n’est pas du tout mémorable, que ce soit les musiques ou les effets sonores.

Dans le futur, on continuera à se faire arnaquer par les garagistes.

Convoy est l’œuvre de l’équipe néerlandaise nommée Convoy Games composé de trois personnes à l’époque. C’est le premier jeu de ce petit studio aujourd’hui fort d’une demi-douzaine de bataves, lancés dans la production d’un nouveau titre que j’ai wishlisté dès que je l’ai vu : Landinar: Into The Void. Mais avant d’envisager l’avenir, concluons d’abord.

Entre les aller-retours, les combats sympas mais qui tournent vite en rond, les événements aléatoires dont l’écriture manque de variété et l’incroyable difficulté du dernier boss, Convoy n’est pas dénué de qualités mais il pêche sur le moyen terme à rendre l’expérience addictive, ce que sait toujours très bien faire FTL.

Les idées sont intéressantes mais leur intégration au gameplay n’est pas toujours heureuse. Son côté rogue-like punitif peut tout autant plaire que rebuter mais il reste dans l’ensemble un cran en dessous de son illustre inspiration. Cela reste tout de même du bon boulot pour une première production.

Genre : Roguelike - Stratégie temps-réel

Développeur : Convoy Games

Éditeur : Indietopia Games

PlateformeSteam, GoG

Prix : Environ 13€


Date de parution : 21 avril 2015
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