Escape From Tarkov – Par où t’es sorti, on t’a pas vu rentrer

10/04/2019

La vague des Battle Royale n’a fait que m’effleurer ; si on excepte quelques heures principalement passées à attendre que la partie se lance sur Last Man Standing (non, pas celui du Koh Lanta des Jeux Vidéo) et le mod d’Unturned, je n’ai jamais trainé mon AK sur PUBG et encore moins dansé sur Fortnite. Allez, j’ai bien essayé la Danger Zone sur CS:GO mais peu de temps après, on m’a offert Escape From Tarkov.

Ce n’est d’ailleurs pas un Battle Royale. Le but n’est pas d’éliminer tous les autres joueurs mais bien de sortir de la zone. Oui, la règle de base se résume à aller du point A (de spawn) au point B (d’extract). On va évidemment se trouver des objectifs à remplir au passage, comme accomplir les missions des marchands ou simplement aller ramasser du loot pour s’enrichir.

La carte de la ville.

Face à EFT, Counter-Strike c’est un jeu casu et Call of Duty c’est Oui-Oui à Neverland Disneyland. Ceci n’est pas un jugement sur la qualité de ces titres respectifs, mais il est clair qu’on ne lance pas un raid sur Tarkov comme on rejoint un Free-for-all. C’est marqué en gros partout, c’est dit et répété sur les forums qui en parlent : vous allez crever souvent, la plupart du temps sans savoir d’où vient la balle qui traversera votre joli casque comme dans du beurre et par la même occasion vous perdrez tout l’équipement avec lequel vous avez essayé de fuir Tarkov.

La punitivité est brutale, vos adversaires vicelards et vos chances de survie quasi-nulles si vous gambadez en sifflotant dans les vertes collines, les ruines industrielles ou les forêts de sapins qui constituent la zone de Tarkov. Comme l’a dit un philosophe, quand on se balade avec une plume dans le cul au milieu d’une prairie, faut pas s’étonner de se prendre une cartouche dans le bec.

C’est d’ici que l’on choisit la zone pour notre prochain raid.

Mais posons rapidement le contexte. Dans un futur pas si improbable, la zone de Tarkov, une ville imaginaire russe, est partie en vrille. Entre l’armée, les groupes paramilitaires, l’ONU et la population locale, on s’est fait des bisous à l’arme automatique et à la grenade. Aujourd’hui, la zone est bouclée, murée, en ruines et désertée par la population. Ne restent que des pillards qui tentent de s’enrichir, de survivre et surtout de sortir de là. Alors ok, personne n’imagine que Poutine laisserait une chose pareille arriver sur son territoire puisqu’il aurait réglé le problème jusque dans les chiottes, mais admettons.

Tout n’est pas encore implémenté, loin de là, mais faisons un tour de ce que propose EFT dans son état actuel. Déjà, plusieurs cartes sont disponibles, comme par exemple Factory, minuscule map entièrement indoor où les engagements sont nombreux et brutaux, Woods, qui comme son nom l’indique vous emmènera ramper dans les buissons mais aussi faire trempette au bord du lac, ressemble au paradis des campeurs, ou encore Customs, un peu surchargée : avec de nombreux bâtiments, des collines boisées, une rivière à traverser et même des bouts de chemin de fer, il y en a pour tous les goûts mais c’est une carte particulièrement éprouvante pour les débutants. Et j’en oublie.

A ces cartes déjà accessibles viendront s’ajouter d’autres lieux encore en travaux, mais l’objectif annoncé est de relier toutes ces zones entre elles pour permettre aux joueurs de passer des unes aux autres. A voir comment ça se goupillera ; pour l’heure, lorsqu’on lance un raid, l’objectif principal est de rester en vie pour rejoindre une sortie. Cela permet de rapporter à la maison tout le loot ramassé et de gagner plus d’expérience. Mais ces sorties ne sont pas fléchées et ne clignotent pas pour nous aider à les repérer de loin.

Les screens qui suivent sont tirés du wiki officiel, pour vous donner une idée des différents lieux et ambiances.

L’apprentissage des cartes est donc primordial. Mes premières parties m’ont ainsi vu perdre « au temps » : puisque les raids sont chronométrés, il faut donc atteindre une sortie dans le temps imparti, mais quand on ignore leur emplacement… on peut acheter des cartes papier des secteurs mais elles ne sont pas annotées et il n’y a pas d’indicateur « vous êtes ici ». Il faut donc apprendre les points de repère pour s’orienter, ces cartes devenant finalement peu utiles une fois qu’on connait un peu le coin. On peut apprendre à la dure, à coup d’essai / erreur, mais vu le taux de mortalité, je n’hésite pas à vous conseiller d’aller voir sur le wiki pour trouver de l’aide, au moins sur l’emplacement de ces sorties. Il y en a plusieurs par carte mais toutes ne sont pas accessibles à chaque raid, sinon c’est trop simple.

Et simple, Tarkov ne sait pas faire. Tout se veut approfondi : la gestion des munitions, la balistique, la localisation des blessures, les façons de se soigner, la vitesse de déplacement… Le tout en proposant une interface qui se prend en main en quelques parties. Tout n’est pas toujours intuitif, mais une fois maitrisé, quel pied que de se déplacer accroupi silencieusement, se relever de quelques centimètres pour voir par-dessus un obstacle, courir d’un couvert à l’autre en rechargeant son arme et tirer à l’aveugle par-dessus une rambarde…

Le body-awareness est très réussi, on ressent la masse de son personnage, on sent presque notre sac à dos s’accrocher aux branches des arbres, les cailloux et les bouts de verre crissent sous nos pas et courir réveillerait un paresseux sous Temesta. Seul bémol pour l’instant, la localisation du son dans l’espace n’est pas toujours bien faite. Difficile de discerner si ces bruits de pas viennent de l’étage du dessous ou du dessus ou s’ils sont distants de dix ou vingt mètres. Quand on vient de Counter-Strike, c’est assez décevant.

Alors, n’ayant plus mes captures d’écran d’avant la remise à zéro, voici des images qui vous montrent l’équipement fourni à la création du compte.

On se lance donc dans ces raids afin de récupérer du loot pour s’enrichir et améliorer son équipement, ou encore pour accomplir des quêtes données hors raid par des NPC. Il y a de la quête Fedex mais pas que, et si certaines sont oubliables, d’autres sont de vrais challenges gratifiants à surmonter. Seul souci, les récompenses sont peu rémunératrices quand on voit la difficulté qu’elles imposent. Toute la partie commerce mériterait d’ailleurs un article à elle toute seule.

Je n’ai fait qu’effleurer la surface de ce que propose Tarkov, mais je vais quand même évoquer la partie multijoueur ; s’il y a des ennemis IA qui rôdent sur les cartes (les scavs), vous allez croiser d’autres joueurs humains qui vont jouer le même raid que vous, et vous pouvez également partir avec des copains pour vous partager le loot. La différence entre l’IA et l’humain, c’est que l’IA beugle des insultes en russe avant de vous tirer dessus tandis que l’humain vous abattra d’une balle dans la nuque sans même vous avoir fait coucou.

Prapor, un des marchands du temple et l’interface de commerce.

Mais il ne s’agit pas d’un Battle Royale, le but est de s’extraire, pas de tuer tout le monde, cependant ne nous mentons pas : l’intérêt d’un joueur humain, c’est qu’il accumule du loot qu’il est toujours agréable de récupérer. Gardez tout de même dans un coin de votre tête que chaque fois que vous abattez un ennemi, un charognard attendra que vous vous approchiez de votre victime pour lui faire les poches pour vous descendre dans le dos. Oui, ce jeu vous déteste, c’est dans sa nature.

Tout n’est pas encore en place, de nouvelles zones deviennent accessibles avec le temps, mais il y a déjà une base solide, un public assez important pour que lancer une partie ne prenne jamais plus de trois minutes, de quoi s’amuser de plein de façons différentes et ce malgré une interface d’inventaire hostile, un sound-design imparfait, des bugs et une tendance à la gourmandise en ce qui concerne la config nécessaire pour le faire tourner.

J’ai dû crever 70 fois aux alentours de cet entrepôt.

Les mises à jour sont régulières mais à l’heure où j’écris ces lignes un « wipe » (une remise à zéro des inventaires et de l’expérience des joueurs) vient tout juste d’avoir lieu, pour nous rappeler que le jeu est encore en Beta et qu’il ne sert à rien de stocker du matos comme un écureuil violent.

Je recommande fortement à ceux qui cherchent l’inverse d’un jeu casual qui vous prend par la main et qui sont prêts à investir du temps à apprendre à jouer. L’ambiance est déjà addictive et même s’il est frustrant de crever à deux mètres de la sortie avec un loot de plusieurs millions de roubles, je prends un plaisir assez rarement atteint dans ma vie de gamer.

Je peux conclure en reprenant les paroles de mon généreux fournisseur, Le Doyen : Escape from Tarkov, on aime ou déteste, pour pleins de raisons. Mais ceux qui aiment ne jouent plus qu’à ça.

Genre : FPS velu qui sent sous les aisselles

Développeur : Battle State Games

Éditeur : Battle State Games

Plateforme : Site officiel + launcher dédié

Prix : Environ 35€ l'édition standard jusqu'à 110€ pour l'édition limitée (voir page de préco) même si la préco c'est le mal


Date de parution : Encore en beta