Foto Flash – Vulgaire ? Vous trouvez ça vulgaire ?

10/04/2019

Il est rare que j’évoque des jeux aussi ouvertement racoleurs que Foto Flash, mais (attention, tentative de justification foireuse incoming) celui-ci on me l’a offert et c’est loin, très loin d’être le moins regardable qui émerge du tas de fumier. Il n’empêche qu’il est difficile de parler d’un jeu de ce genre. Déjà, est-ce vraiment un jeu ? ÔOu est-ce plutôt un prétexte pour montrer des boobs et des culottes ?

L’histoire est à la fois simple et complètement conne : un jeune photographe doit fournir à un magazine des photos de charme. Défiant tout sens commun et ignorant le principe même de harcèlement, il va parcourir la ville en quête de jeunes femmes qui ne vont pas porter plainte tout de suite lorsqu’il leur propose de poser nues. Et pour aller jusqu’au bout de la logique, elles n’accepteront qu’en échange d’objets à la con, comme des balles de baseball, une photo d’Alien ou un champignon rose.

Il faut donc lui ramener ses vêtements pour la photographier à poil. Une logique implacable.

On est donc définitivement tombés sur les filles les moins regardantes du monde, mais ça ne pose aucun problème à notre pervers en culottes courtes. Le voilà en chasse, explorant les jardins, fouillant les buissons et discutant avec des mecs bourrés. C’est parti pour une succession de quêtes Fedex aussi inintéressantes les unes que les autres.

On peut communiquer avec les gens bizarres qui peuplent cette ville, mais vu la qualité d’écriture des dialogues, on regrette vite d’avoir eu l’idée. L’exploration en elle-même doit être la partie la plus réussie du jeu ; on cherche à passer derrière les barrières (naturelles ou non) qui jalonnent la ville, on joue du changement de tableau et on débloque des accès par des actions encore plus débiles qu’elles en ont l’air. Une sorte de jeu d’objets cachés où l’on se déplace en vue du dessus.

Vu ses yeux, elle sniffe du décapant.

Parlons-en, d’ailleurs, des graphismes. Réalisés à base d’assets visiblement crées en 1987 pour la NES, ils nous infligent ce qu’un jeu fait sous RPG Maker sait faire de pire. Seule exception : les photos de charme prises par notre héros, dessinées dans un style manga correct. On voit bien tous les efforts mis dans la réalisation de ces courbes, à tel point qu’on ne doute pas une seconde que tout le budget y soit passé.

Pour rester dans la technique, déjà que vos yeux ne seront pas à la fête, attention aux oreilles : les musiques de base sont moisies et il faut payer (avec l’argent ingame, rassurez-vous) pour débloquer les autres, qui ne sont évidemment pas mieux.

Ça reste un jeu peu agréable à manipuler. L’interface est terrible, là aussi apparemment importée des pires idées des années 80 sur l’ergonomie. L’absence de carte pour se repérer rend fastidieux toute recherche, surtout que le personnage se traine du cul et que les tableaux s’étalent en longueur.

Voilà ce qu’il reste quand on enlève les filles en petite tenue.

Le principal challenge est donc d’accéder à tous les endroits du jeu pour y ramasser tous les objets demandés (et ces saloperies de balles de baseball vont vous en faire voir… si vous êtes assez fou pour y jouer) pour terminer le jeu. Il y a bien quelques situations où il faut utiliser un objet pour progresser et une énigme tellement bizarre qu’elle est difficile à résoudre autrement qu’en essayant toutes les possibilités, mais sinon la progression est assez simple.

Le tout mis bout à bout, qu’est-ce qu’on obtient ? Un ennui profond d’une heure et demi si on est déterminé à obtenir tous les succès, avec comme unique intérêt (si j’oÔse dire) d’obtenir des images à peine plus hot que la page des culottes du catalogue La Redoute. Comparées au reste du jeu, elles ne paraissent pas si moche, c’est vous dire le niveau. Pour 3€ plein tarif, ce sera une très maigre satisfaction. Faites attention, une suite est sortie début septembre 2018, ne l’achetez pas non plus.

Genre : Slideshow d'images de charme

Développeur : Studio Gamaii

Éditeur : Studio Gamaii

PlateformeSteam, Itch.io

Prix : Environ 3€


Date de parution : 1er février 2018
Publicités