Hector: Badge of Carnage – Inspecteur la bavure

Le quotidien d’Hector, c’est le crade, le pourri, parfois jusqu’au vomitif. Flic individualiste qui n’obéit qu’à ses propres règles, dans la lignée des films noirs, il va encore plus loin dans le cynisme et est prêt aux pires crasses pour parvenir à ses fins.

Confronté à une menace terroriste, il va tout de même mettre sa vie en danger pour sauver sa petite ville, mais pas sans avoir envoyé les autres au casse-pipe à la moindre occasion. Durant trois épisodes, il devra s’évader, voler, truquer, mentir, abuser de son rang sur son subordonné, patauger littéralement dans la merde ou encore faire exploser un sex-shop pour mener à bien sa mission.

Le gameplay est classique : dialogues et combinaison d’objets seront vos armes pour progresser dans l’aventure. Globalement linéaire (même s’il y a parfois plusieurs branches d’énigmes à résoudre), fourré d’énigmes pas toujours bien logiques, on est dans le respect des règles du genre. L’intérêt d’HBOC est clairement dans le ton grotesque et l’humour scandaleux qui suinte de chaque situation, de chaque tableau, de chaque dialogue.

Très bien écrit et remarquablement doublé (surtout Hector), il est intégralement en anglais. Ses graphismes cartoon ne cassent pas trois pattes de lapins (en chocolat) mais sont plutôt clairs et renforcent l’aspect crado de certaines scènes. Les thèmes abordés n’en font d’ailleurs pas un jeu pour les plus jeunes.

Certains personnages sont très réussis quand d’autres sont très oubliables ; on retrouve également des scènes qui sonnent comme des hommages aux grands classiques. Développé par Straandlooper, studio nord-irlandais aujourd’hui disparu (qui a dans un tout autre domaine produit une série d’animation pour la télévision), ce point&click se démarque par son écriture et mérite largement d’être connu des amateurs du genre (du moment qu’ils sont anglophiles, vu le niveau d’argÔot utilisé).

Un jeu d’aventure qui laisse le sourire au lèvre tout en nous mettant parfois mal à l’aise vu le caractère détestable du héros et de ses congénères. Vous lancer dans la trilogie, c’est l’assurance de quelques heures de plaisir coupable. Ça me permet aussi de rappeler qu’à une époque, avant de disparaitre (décidément, entre les devs et l’éditeur de ce jeu…), TellTale éditait des point&clicks complètement déjantés. Aujourd’hui, qui va encaisser l’argent si vous l’achetez ? Bonne question, mais Hector, tout aussi odieux, dégueulasse et misanthrope qu’il soit, mérite bien quelques piécettes.

Genre : Point&click

Développeur : Straandlooper

Éditeur : TellTale Games

PlateformeSteam, GoG

Prix : Environ 20€ les trois épisodes


Date de parution : 27 avril 2011
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