SteamWorld Heist – Braquage chromé

10/04/2019

Comment rater un jeu de combats tactiques en tour par tour avec des robots pirates de l’espace dans une ambiance steampunk ? Ne demandez pas aux suédois d’Image & Form, parce SteamWorld Heist est plutôt réussi. Mais n’allons pas trop vite en besogne.

Dans l’univers SteamWorld, SteamWorld Dig, qui a suivi SteamWorld Tower Defence sorti sur DS, et j’en ai déjà marre d’écrire SteamWorld, ne m’a jamais attiré, mais ce jeu de plateforme / minage est visiblement très apprécié par ceux qui y ont joué. Mais c’est lorsque SW Heist a présenté ses combats tactiques au tour par tour que j’ai levé un sourcil curieux en sa direction.

Pour être honnête, c’est aussi quand on m’a vanté ses qualités avec conviction, puis qu’on me l’a offert que je me suis lancé dans l’aventure. Les membres du forum de Canard PC sont beaucoup trop généreux, on ne le dira jamais assez.

Abordage en cours.

Avec ses robots rigolos, ses graphismes mignons et colorés et sa musique triclassée country-jazz-punk (composée par Steam Powered Giraffe, qu’on peut voir jouer dans les bars spatiaux que l’on visite), le premier contact est très sympathique. On dirige l’équipage d’un vaisseau de pirates biclassés contrebandiers lancé dans une guérilla spatiale contre un empire très très méchant.

Le scénario tourne un peu en boucle mais est plutôt sympathique avec ces missions aux objectifs qui savent se renouveler. On commence dans notre vaisseau qui sert de hub où l’on peut causer avec ses compagnons d’équipage, puis on détermine notre prochain objectif dans un choix limité. Il faut en effet valider des missions pour débloquer de nouvelles destinations, qui devront à leur tour être réussies, rince, repeat. On a donc la liberté de choisir l’ordre dans lequel on accomplit les quêtes mais il reste nécessaire de (quasiment) passer partout pour progresser.

Au fur et à mesure de l’aventure, on va accueillir d’autres personnages au sein de l’équipage et avant de partir au combat, on doit sélectionner les robots qui auront la joie d’aller risquer leurs boulons et verser leur huile. On a droit à une petite description de la mission que l’on s’apprête à remplir avant, quand même, histoire de prendre avec soi l’équipe la plus adaptée.

Rien à dire sur l’ambiance dans ce vaisseau-bar.

Leur équipement (remporté comme butin ou acheté au magasin) sera également primordial. Chacun à son arme de prédilection, déclinée en plusieurs versions aux effets variés et tous tactiquement intéressants. S’ajoutent à l’inventaire diverses armures, trousses de soin et autres grenades.

Après une courte mais répétitive animation, nous voilà à l’abordage du vaisseau ennemi : on peut enfin entrer au cœur du jeu. Ces combats se déroulent sur des cartes en 2D générées de manière procédurale, remplies d’étages, d’échelles, de portes et de couverts. L’idée originale qui sublime un jeu jusqu’ici agréable et bien pensé ? La réussite de vos tirs ne dépend pas d’un pourcentage de chances de toucher mais de votre précision, puisque vous allez viser vous-même comme un grand, un peu comme dans un Worms.

Le tutorial vous montre bien que certaines surfaces vont faire rebondir vos balles, vous permettant de toucher dans le dos des ennemis retranchés, mais parfois viser un bidon explosif sera tout aussi efficace. Les attaques au corps à corps ne sont pas à négliger non plus, mais elles nécessitent de bien gérer ses déplacements. Savoir se mettre à couvert, anticiper les futurs déplacements de l’ennemi, utiliser les capacités spéciales de nos pirates et surtout viser correctement sont les clés pour s’en sortir parce qu’on va passer l’intégralité du jeu en sévère infériorité numérique.

Mon équipe de pièces détachées.

La difficulté, dans ces conditions, est d’ailleurs plutôt bien équilibrée. Il faut se creuser la tête pour remplir les objectifs (qui sont plus variés que : tuer tous les ennemis présents) sans pour autant tomber dans l’impossible. Même si certains niveaux sont plus généreux en couverts que d’autres, la chance n’a que peu d’influence sur votre réussite ou votre échec. Par contre, comme dit plus haut, le choix de l’équipage et leur équipement fera lui la différence, si vous suivez le rythme niveau précision bien sûr.

Vos petits robots montent en niveau, débloquant des compétences, on peut d’ailleurs refaire plusieurs fois les mêmes missions pour grinder, et vu on n’est pas dans un rogue-like, échouer n’aura que de bénignes conséquences, en plus de devoir recommencer l’abordage raté. Il y a un système d’étoiles pour jauger votre niveau de réussite, chaque mission comportant plusieurs objectifs en plus du principal pour les acharnés du 100% dont parlait Ellen Replay (article réservé aux abonnés), et c’est en accumulant ces étoiles que l’on débloque la suite des évènements.

On n’est pas venus là pour souffrir mais bien pour s’amuser, tout en gardant une certaine profondeur tactique. Mais rassurez-vous, lorsque votre tir si finement ajusté se contente de faire sauter le chapeau de l’ennemi au lieu de lui exploser la tête, la frustration sera au rendez-vous et ce n’est pas la petite animation rigolote qui vous consolera, parce que certains combats se jouent parfois sur une attaque réussie ou ratée.

Je n’ai pas compris le sens cette image, je voulais donc la partager avec vous.

Avec toutes ses bonnes idées, son rendu graphique très propre, son univers travaillé et son gameplay qui dépoussière un peu le genre, SW Heist est incontestablement un jeu très réussi. Cependant, je l’ai trouvé répétitif sur la fin, j’ai fini par utiliser toujours les mêmes combattants puisque je n’ai pas eu la motivation de grinder les autres restés bas niveau et si on m’avait vanté sa musique, je l’ai trouvée assez quelconque en jeu. Mention spéciale aux « voix » des robots sont réduits à des bruits désagréables. L’idée, en forme d’hommage à R2D2 était intéressante, mais cela rend les dialogues aussi pénibles qu’un discours de C3PO

Ces bémols font que j’étais content et soulagé d’être arrivé à la fin. C’était malgré tout une bonne expérience qu’on m’avait peut-être survendue, qui fourmille de petits détails plus ou moins utiles comme ces chapeaux à collectionner. Plus profond que ses graphismes colorés pourraient laisser croire, il mérite que les amateurs de combats tactiques se penchent sur ces pirates chromés et leurs rouages huileux.

Genre : Tactique en tour-par-tour

Développeur : Image & Form Games

Éditeur : Image & Form Games

Plateforme : Steam

Prix : Environ 15€


Date de parution : 7 juin 2016
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