The Black Watchmen (Saison 1) – A l’ombre du complot

05/10/2018

Suite à ma découverte des ARG avec Archimedes, je continue mon initiation avec la saison une de The Black Watchmen ; son ambiance Illuminati – cyberpunk – enquête, sombre et mystérieuse a tout pour me plaire. Les vidéos sont cryptiques et dérangeantes, tout est enrobé de complot et les intitulés de mission sont souvent opaques.

L’interface laisse entrevoir l’utilisation d’outils de géolocalisation, d’analyse de données et autres mouchards : on est dans la peau d’un agent secret qui va devoir faire la lumière sur une conspiration teintée d’expériences scientifiques dignes de la guerre froide.

Concrètement, tout ceci est une façade. Il ne s’agit que d’un moyen plutôt réussi graphiquement de nous demander de trouver un élément précis à partir de divers documents. Qu’il s’agisse de textes, de photos ou de messages audio, ils vont nous amener à visiter divers sites internet spécialement mis en ligne par le studio, à comparer des compositions chimiques ou à chercher l’origine d’un blason.

Les briefings sont planqués dans des vidéos parfois dérangeantes.

Chaque cas est divisé en plusieurs partie, chacune nous posant une question simple à laquelle on va immanquablement chercher une réponse compliquée. Surtout au début, avec ces documents qui ouvrent plusieurs pistes on part un peu dans tous les sens, avant de comprendre que ce qui nous semble superflu sera peut-être un indice utile par la suite. Les cas sont liés, se font écho, on retrouve les mêmes personnes et on utilise plusieurs fois certaines méthodes d’investigation.

Sur certaines missions, la solution attendue est prédécoupée, avec le nombre de lettres ou la structure visible ; si vous devez trouver le nom de code d’un composé chimique comme par exemple A2-889, la case prévue pour y rentrer la réponse vous aiguillera en se présentant sous la forme XX-XXX. Une aide presque trop importante tout de même, mais elle a le mérite de subtilement vous habituer à ce qu’on attend de vous. De plus elle n’est pas toujours disponible, sans doute parce que certains cas acceptent plusieurs déclinaisons de la même réponse.

Faites gaffe aux spoiler quand vous lisez des articles.

La progression de la difficulté est régulière au début avant de passer un cap brutal ; sur les vingt-cinq missions que comporte la saison une, certaines sont particulièrement retorses et ce ne sont pas forcément les dernières les pires. L’ennui c’est qu’elles sont parfois bancales, comme lorsqu’il faut envoyer un email à une adresse un peu trop bien planquée ou qu’elles ne semblent pas forcément cohérentes. Mais globalement, après avoir surfé sur des pages Facebook ou des bibliothèques de signes occultes, la satisfaction de voir sa proposition validée est grande.

Plutôt propre techniquement (il nécessite toutefois de se connecter aux serveurs officiels, parfois en maintenance), bien foutu avec ses vidéos de briefing, enregistrements audio à télécharger ou son identité visuelle propre, The Black Watchmen propose une expérience exigeante et un peu confuse. Si les enquêtes manquent parfois de continuité entre elles, je me suis réellement amusé à me creuser la tête à partir de bouts d’indices.

L’interface de mission, avec ses indices à étudier.

Développé par Alice & Smith, ce studio canadien spécialisé dans les alternate reality games (ils ont également sorti Ahnayro, à l’ambiance plus occulte que technologique, et a sorti NITE Team 4 en octobre 2018 qui nous emmène sur le front de la guerre numérique) a su fédérer une communauté impliquée qui alimente leurs forums de suggestions sans jamais donner la réponse sur un plateau ; c’est tant mieux car un guide complet desservirait ce genre de jeu.

La saison un est en vente pour 8,19€ sur Steam mais s’est vue soldée à plusieurs reprises à moins de 1€ (et même en bundle à 1,89€ pour TBW + Ahnayro) ; pour ce prix, si vous comprenez l’anglais, avez le goût de la réflexion et appréciez les jeux qui ne vous prennent pas par la main, vous ne prenez pas un gros risque, surtout qu’une saison deux est disponible et qu’un DLC gratuit est sorti début décembre. Et c’est sans compter sur la communauté qui propose ses propres enquêtes pour prolonger le plaisir ; de quoi assurer une durée de vie très intéressante puisqu’il m’a déjà fallu une vingtaine d’heures pour venir à bout de la première saison.

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