Belladonna – Donnamore Donnamorte

Pendant les soldes Steam, avant de déclarer la guerre au backlog, j’ai attrapé quelques petits jeux, dont Belladonna. Attiré par le pitch, un point&click d’horreur à l’ambiance gothicpunk, pour à peine 70 centimes, j’ai tenté le coup. Attention spoiler : 34 minutes plus tard, j’atteignais l’écran de fin. Encore un jeu incroyablement court. Mais que valait chaque minute passée à explorer le manoir du Dr (Victor Frankenstein) Wolfram von Trauerschloss ?

Premier contact : une femme bizarrement affublée d’un mécanisme d’horlogerie dans le crâne se réveille dans un laboratoire glauque. Comme dans beaucoup de jeux vidéo, notre héroine n’a aucun souvenir. Quelle idée originale pour éviter de nous introduire le personnage, comme souvent couplée à celle de nous raconter son histoire au fur et à mesure du jeu.

On est en présence d’un point&click classique, uniquement disponible en anglais (et correctement doublé), qui nous propose de ramasser des objets et de les combiner avec l’environnement pour progresser dans l’aventure. Graphiquement il ne sort pas du lot mais rend avec un certain style l’ambiance humide et inquiétante. Il pourra cependant sembler fade et aucun lieu n’est réellement marquant.

On découvre donc l’histoire à travers des pages de journal disséminées dans le manoir. Une sombre affaire de jalousie, de mariage qui périclite et d’expériences contre-nature. L’influence de Mary Shelley est évidente à travers le désir de maitriser la vie. Le titre du jeu est évidemment à la fois un prénom et un symbole qui ira jusqu’à causer la mort.

Le scénario est aussi touffu que le permet un jeu aussi court mais malheureusement surtout distillé dans de longs textes, qui, s’ils ne sont pas mal écrits, sont tout de même très (trop ?) présents. On a vu mieux pour l’immersion. L’action est assez limitée, on observe bien plus que l’on agit et l’intérêt est plus dans la reconstitution des évènements passés que dans l’interaction avec le monde.

Le challenge est très limité, les rares objets disponibles sont facilement associés et on progresse sans devoir se creuser la tête. L’expérience n’est pas désagréable, le scénario assume son influence tout en distillant une pointe d’homosexualité, de vengeance sordide et de questionnement sur l’humanité ; elle est cependant trop courte et illustrée par de rares cutscenes graphiquement de moins bonne qualité que le jeu.

Belladonna est le premier jeu de Neckbolt, le studio de Niklas Hallin, auteur suédois également responsable de plusieurs jeux smartphone. Distribué par Black Shell Media, il est sorti en février 2015 sur Steam pour 7€ et est plusieurs fois passé en bundle. C’est plutôt une bonne nouvelle, parce que payer plein tarif pour une demi-heure de jeu serait à mon sens disproportionné. Je ne regrette pas mon achat mais je suis tout de même resté sur ma faim ; ce jeu est à la fois sauvé et plombé par son scénario, qu’il aurait été difficile de faire durer plus longtemps sans tomber dans la facilité et la redondance. Écueils que Niklas Hallin aura su éviter.

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