Crawl – Petits monstres entre amis

Celui-là, je ne l’ai pas vu venir. Saloperie de baril qui vient me frapper dans le dos. J’imagine le sourire en coin qu’aurait eu un joueur humain, mais c’est l’IA qui vient de me jouer ce sale coup. Je prépare déjà ma vengeance en espérant spawner mon gros monstre dans la prochaine salle. Bienvenue dans Crawl, un dungeon-crawler bi-classé party-game en multi local où les joueurs se partagent les rôles de héros et de créatures.

Le concept est classique : un héros doit explorer un donjon, latter des monstres, gagner de l’expérience et enfin tuer un boss pour remporter la victoire. Le twist : il se joue jusqu’à quatre joueurs mais un seul peut être en vie à la fois. Les autres joueurs, plutôt que de se tourner les pouces en attendant qu’il crève, vont, sous forme de fantôme, pouvoir prendre le contrôle des pièges et spawner sous forme de monstres pour tenter de prendre sa place.

Celui qui donne le coup de grâce au joueur vivant reprend vie et peut à son tour tenter de remporter la victoire. Il faut donc esquiver les attaques vicelardes de ses partenaires et essayer d’atteindre le niveau 10 qui débloque l’accès au boss qui est également géré par ses adversaires. Le concept est rafraichissant et permet de donner un rôle à chacun, qu’il soit vivant ou mort.

Tout en pixel-art assez gras, les graphismes ont le charme des jeux retro et accompagnent le bordel qui s’agite à l’écran avec l’illisibilité que provoque certains amas de pixels. Les couleurs dominantes sont le marron et le sang, ce qui  n’aide pas toujours à la compréhension dans la frénésie de l’action. Les effets sonores sont plutôt réussis et je n’ai pas grand chose à reprocher à l’enrobage du jeu développé par Powerhoof.

Les deux australiens à la tête du studio, David Llyod et Barney Cumming, ont d’abord sorti d’un projet complètement barré, Regular Human Basketball, un titre déjà centré sur le multiplayer local, et de pleins d’autres petits jeux, mais Crawl est leur projet le plus ambitieux et le premier à atteindre Steam.

Vivant, on essaie de maitriser les différentes armes qui ont chacune leur schéma d’attaque, on esquive les objets qui volent à travers la pièce et on cumule de l’expérience en tuant les monstres contrôlés par les autres joueurs. Mort, on ramasse le maximum de pièces qui flottent, on se précipite pour atteindre en premier les pentacles d’invocation ou les tours lance-flammes et on monte son niveau de « Wrath » qui permettra, à la fin de chaque niveau, d’améliorer ses monstres.

L’équilibre se fait donc entre le statut de mort, qui permet d’avoir des monstres plus puissants, et celui de vivant qui seul permet de tenter sa chance contre le boss et remporter la partie. On rajoute à cela le fait que l’argent récolté mort ne peut être dépensé que vivant à la boutique du marchand en armes et en pouvoirs qui font souvent la différence. Par contre, la victoire d’un joueur n’est pas la seule issue possible : le groupe dans son ensemble ne peut accéder au boss qu’un nombre limité de fois. Un échec de trop et c’est la défaite pour tous.

Il existe de nombreux bestiaires, liés à un dieu à choisir en début de partie et de nouveaux dieux et évolutions sont à débloquer au fur et à mesure des parties. Pareil pour les armes et pouvoirs : dagues, épées, haches, bâtons magiques, dash, bouclier temporaire, rune d’attaque, en fonction des options disponibles chez le marchand, les parties peuvent être très différentes. J’en profite pour préciser que je l’ai trouvé jouable au clavier mais qu’il doit être bien plus agréable à la manette.

Sorti officiellement début avril 2017, il est plutôt fourni en contenu, avec un gameplay équilibré et une IA qui sait rendre les parties sans humain difficiles sans être injouables. Je n’ai pas encore eu l’occasion de me passer de l’IA puisque seul le multi local est possible et qu’il faudrait pour cela que j’invite des gens chez moi. Vous imaginez le truc. Par contre je ne suis pas certain que ce choix soit réellement judicieux pour la pérennité du titre.

C’est à mon sens dommage de se priver du fun et du côté pratique de jouer avec des gens sur Internet. Malgré ça, je vous conseille, si vous avez régulièrement sous la main des gens qui squattent votre canapé, de vous pencher attentivement sur Crawl. Disponible sur Steam à 15€, le prix ayant augmenté à la sortie de l’accès anticipé, j’espère sincèrement que je pourrais bientôt tenter l’aventure à plusieurs pour voir quel est son réel potentiel contre des joueurs humains.

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