Octave – En vert et contre tous

Encore un jeu qui m’a été offert par un individu dangereux qui a dédié sa vie à salir toujours un peu plus l’état de la bibliothèque Steam des malheureux qui croisent sa route. Oui, je sais, je me fais avoir, je me dis « plus jamais » et puis quelques mois plus tard, j’y retourne. Je suis complètement con, ou masochiste. Quoique la combinaison des deux n’est pas inenvisageable. Bref.

Octave est un point&click d’horreur. Personnellement je suis plus fan des point&click comiques, mais le genre, qui a su renaitre de ses cendres après de nombreuses années de disette, s’est également adultisé dans le processus. S’il reste des Deponia, le studio Wadjet Eye et Fran Bow ont prouvé que les graphismes retro ou cartoon ne destinent pas forcément le jeu aux enfants.

Il n’est donc pas surprenant de rencontrer un titre comme Octave. C’est un jeu vert. Mais vraiment, y en a partout du vert. Quelqu’un leur a fait un prix de gros pour cette couleur, c’est pas possible autrement. Bon, autour du vert il y a aussi du marron, du gris et du sombre, on est, comme déjà dit, dans un jeu d’horreur. On va donc se promener dans des tableaux inquiétants jusqu’à trouver un moyen de quitter ces lieux maudits.

Déjà, ça commençait mal : on est dans la forêt, agenouillé, aveuglé par les phares d’une voiture d’où sort un type armé. Il nous met en joue mais plutôt que de faire d’Octave le jeu le plus court de l’histoire en appuyant sur la détente, le vilain monsieur se fait agresser par une créature cauchemardesque aux formes vaguement féminines. Bon j’extrapole, hein, le monsieur il a peut-être une bonne raison d’aller buter un gars au fond des bois la nuit. Mais pour le monstre, je persiste, on dirait vraiment un corps féminin ; genre Roselyne Bachelot qui se serait laissé pousser des tentacules et qui serait devenue toute verte. Ne me remerciez pas pour l’image mentale, c’est cadeau.

Après avoir été… sauvé ? par cette apparition opportune, on va se retrouver à son tour chassé par des trucs terrifiants, bien planqués dans l’absence de couleurs du décor. On mourra même, plusieurs fois, pour se rendre compte qu’il faut également avoir de bons réflexes et cliquer au bon endroit au bon moment. Enfin, commence la véritable phase de point&click, classique mais plutôt bien foutue, avec quelques jump scares et des énigmes plutôt logiques.

Réalisé par les ukrainiens d’Anate Studios, auteurs de plusieurs projets de point&click, Octave est leur seul jeu terminé et disponible sur les plateformes de téléchargement. Dommage, la direction artistique de certains de leurs projets a de la gueule. Sorti en octobre 2016 sur Steam pour 3€ (et sur Android à 2,50€), Octave est passé très rapidement en bundle, et pas les meilleurs. Ce n’est pas une mauvaise chose, étant donné sa durée de vie : une quiche comme moi a réussi à le terminer en à peine une heure. J’aurais pu, si je l’avais acheté sur Steam, avec un brin de mauvaise foi et de mauvais esprit, demander un remboursement.

Mais l’aurait-il mérité ? S’il est difficile d’établir une règle infaillible évaluant le rapport prix / durée de vie, Octave est définitivement très court et en demander 3€ peut sembler excessif. Par contre, en tant que jeu vidéo, s’il souffre de nombreux défauts, il n’est pas la pire expérience que j’ai connu ces derniers mois. La direction artistique est discutable, la maniabilité pas parfaite, la partie sonore ne m’a laissé aucun souvenir marquant mais l’ambiance est indéniable et les énigmes ne sont pas une insulte à l’intelligence. Le scénario est inexistant, personne ne vient vous expliquer où, quand, comment et pourquoi, et la dernière partie est une course poursuite cauchemardesque qui contraste avec le gameplay du cœur du jeu.

La fin, qui arrive définitivement trop vite, est digne d’une nouvelle de Stephen King (enfin son adaptation en série TV cheap, plutôt) mais est plutôt cohérente avec le reste du jeu. On n’a jamais peur mais certains passages sont dérangeants. Il réussit à divertir même si on pourrait facilement imaginer une suite à épisodes qui nous ramènerait dans cet univers trop rapidement survolé. Si vous tombez dessus par hasard, au détour de soldes ou dans un bundle, et que vous n’êtes pas allergique au vert, vous pouvez passer une heure sur Octave sans trop avoir l’impression d’avoir perdu votre temps. Ce qui est rare lorsque le jeu vous est offert par Baalim.

Retour au sommaire