Les chroniques du chaologue #2

De retour sur les chemins tortueux du net, le chaologue s’est aussi aventuré du côté de Itch.io et de GameJolt pour y dénicher des jeux qui n’ont rien à envier à Greenlight. On va taper dans la démo et le jeu gratuit, on s’accroche et on se protège les yeux quand même.

Cliquer sur les images vous emmènera sur les sites ou pages Steam des jeux respectifs.


Long Gone Days

On dirait du RPG Maker mais c’est bien Unity qui anime ce jeu d’aventure aux dessins qui mélangent le pixel-art pour le gameplay et le style manga pour les cut-scenes. Une apparence générale pas assez originale pour vraiment sortir du lot mais de bonne qualité. La démo disponible sur le site du projet et sur Steam présente l’histoire, intéressante bien qu’un peu prévisible, le système de combat tour par tour utilisé (classique des JRPG) et quelques éléments de gestion de groupe comme le moral, cantonné par contre à un rôle très limité. La demi-heure nécessaire pour terminer la démo passe toute seule, le rythme est bon et la musique réussie. Prévu pour début 2018. L’équipe chilienne de BURA menée par Camila Gormaz (artiste sur Invisible Apartment) semble ambitieuse et Long Gone Days est prometteur.


Supercontinent Ltd.

Dernière création de la Deconstructeam (Gods Will Be Watching, entre autres), Supercontinent Ltd. est un Point&Click narratif dans lequel on mène une enquête téléphonique. Non, on ne signe pas un contrat précaire à la Sofrès, on utilise le bon vieux téléphone fixe pour obtenir des informations et dénouer un complot d’envergure. La narration, comme toujours, est excellente, la piste est logique sans être évidente et le tout demande une petite demi-heure de réflexion. Leur pixel-art est toujours aussi propre et ils parviennent à raconter un futur cohérent et profond en quelques dialogues. Ces mecs-là savent raconter des histoires et proposer un gameplay intéressant, une belle œuvre d’anticipation créée à l’occasion de la Ludum Dare 36. Disponible gratuitement sur GameJolt, il mérite que les fans du genre en profitent.


Moirai
Moirai

Dans la famille « jeu d’aventure minimaliste en pixel art », je ne sais pas quel est le lien de parenté de Moirai. Sans doute entre le cousin un peu bizarre et l’oncle bourré. Il remplit cependant toutes les conditions pour être un membre légitime et en profite pour cocher la case « narration » déjà bien représentée dans cette chronique. Je ne peux rien vous dire précisément sans vous gâcher l’intérêt de l’expérience ; sachez juste que j’ai fait deux runs complets en onze minutes. J’y ai repensé plusieurs fois depuis. Je l’ai envisagé dans un autre contexte. Y a des moutons, une musique très correcte, je ne regrette pas d’y avoir passé du temps, même s’il est violemment moche et qu’il n’y a que quelques décors à visiter. Quoi qu’il arrive, ne vous spoilez pas Moirai. Ce petit ovni, s’il ne révolutionne rien, ne mérite pas que l’on gâche ce qu’il tente d’accomplir. Allez donc perdre 10 minutes dessus plutôt que de mater un let’s play, c’est gratuit sur Steam. Vous m’engueulerez après.


Code 7

Je vous en parle légèrement trop tard. La campagne Kickstarter sera terminée lorsque cet article sera publié mais elle devrait être réussie (de justesse). Code 7 est un jeu de hacking en interface textuelle (pensez à Hacknet) avec une narration plus… cinématique. Pas graphiquement, on reste sur du basique, mais au niveau sonore, le jeu étant entièrement doublé. Des voix de qualité qui accompagnent nos actions en créant l’immersion. De derrière un terminal, on assiste un personnage en lui ouvrant les portes, en piratant les ordinateurs, on le soutient dans sa progression car il est nos yeux sur le terrain. Et parfois on est content de ne pas voir… La démo est disponible ici et j’en voulais encore quand ça s’est terminé. Les deux allemands derrière Goodwolf Studio ont clairement du talent et cet épisode 0 est excellent. Le jeu est déjà Greenlighté et il est malheureusement annoncé pour avril 2017… Encore six mois à attendre, profitez-en pour tester.


The Wild Eight

The Wild Eight, c’est The Long Dark en vue du dessus. En gros. Un pauvre gaillard se réveille le nez dans la poudreuse après un accident d’avion. Autour de lui ça flambe et il ne reste que quelques boites de conserves comme matériel récupérable. Guidé par une voix intérieure, il construit un abri après avoir tapé sur des arbres et sur des cailloux pour rassembler les éléments nécessaires. Après il fait un feu de camp, passe une première nuit au chaud et part en direction de la queue de l’avion. Sur place il trouve un générateur et cherche un lieu où l’installer. Pratique : il y a un bâtiment un peu plus bas. Sauf qu’un loup habite là, lui tombe dessus à la mode texane et le bouffe, pas dérangé par les coups de bâton. Sympa les mecs de Eight Points. C’est bien la permadeath, ça permet de se retaper en boucle les dix minutes de progression jusqu’au loup avant de crever. C’est pas moche bien qu’un peu carré, les effets jour / nuit sont pas mal rendus mais on sent que tous les murs ne sont pas encore poncés. Il faudra buter le loup pour voir ce qu’il a dans le ventre, surtout qu’il annonce du multijoueurs coopératif. La version pre-alpha disponible sur GameJolt permet de souffrir en avance ; le jeu sera dispo sur Steam et la sortie est imminente.


Return of the Obra Dinn

Return of the Obra Dinn, c’est l’histoire d’un navire, de son équipage et de son destin, réalisée par Lukas Pope, auteur de Papers, Please. C’est donc avec une attention particulière que je me penche dessus. Premier constat : c’est très original graphiquement. Difficile à décrire, mais si ça me rappelle Paper Sorcerer, c’est tout de même très bien animé. Arrivé en canot, on monte à bord d’un bateau apparemment désert et c’est avec l’aide d’un artefact que l’on va devoir revivre ce qui s’est passé afin de raconter l’histoire de l’Obra Dinn, navire marchand parti en direction des Indes en 1802. Une vue FPS très réussie, un bras qui s’anime lorsqu’on approche d’objets à manipuler, une ambiance sonore immersive, des voix typiques des îles britanniques, une enquête touffue… La démo disponible sur Itch.io est vraiment succincte mais pose les bases du gameplay. J’ai confiance en l’auteur pour pondre un nouveau chef d’œuvre, par contre difficile d’avancer une date de sortie.


Voilà, c’est tout pour ce deuxième rapport d’exploration du futur plus ou moins proche du jeu indé. La prochaine destination est encore inconnue, seule certitude : il reste encore beaucoup à découvrir.

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