Sky Break – Buzz l’éclaircie

J’avais déjà présenté Sky Break sur ce blog durant l’Early Access. Un jeu d’exploration à la troisième personne sur une planète habitée par des robots devenus hostiles qui ont décimé la population qui s’y était installée, prometteur avec de nombreux concepts intégrés : craft, upgrade de son perso, météo dangereuse…

Le jeu est sorti en version 1.0 le 21 octobre sur Steam et c’est l’occasion d’en reparler. FarSky Interactive, qui m’a fourni un accès au jeu, a fait évoluer plusieurs fois le projet durant l’accès anticipé : l’épée dont disposait le personnage pour se battre au corps à corps a disparu, les munitions ne sont plus infinies, les tempêtes doivent être désamorcées à la main, des modifications de gameplay profondes qui façonnent cette version finale.

Le scénario nous explique qu’un remède miracle doit être synthétisé à partir de plantes qui ne poussent que sur une planète abandonnée. Une équipe de scientifiques est envoyée sur place mais une tempête provoque le crash des vaisseaux à l’atterrissage. Les membres sont dispersés sur des îles éloignées et notre personnage va devoir partir à leur recherche tout en récoltant les végétaux pour le remède, parce qu’il ne faut pas oublier la mission.

La drôle de vie des animaux mécaniques.

Chaque île possède une ambiance différente : jungle, désert de sable et banquise. Chacune est habitée par des robots distincts, les mechas et on trouve en tout neuf modèles inspirés d’animaux, des fauves, des autruches, des oiseaux… Tous ne sont d’ailleurs pas hostiles de nature, mais le deviendront si on utilise les équipements qu’ils semblent garder. Plutôt sympa dans l’idée et au moins il y a une explication scénaristique à leur existence.

Surtout on peut, après avoir abattu un de ces mechas, en prendre le contrôle pour s’en faire un allié. En récoltant certaines ressources, on peut en contrôler jusqu’à quatre et dépenser des puces récupérées sur les cadavres pour les rendre plus forts ou plus résistants. On peut donc se faire une petite meute qui nous défendra en cas d’attaque et ainsi économiser du temps et des munitions, parce que les créatures hostiles sont parfois concentrées dans de petits périmètres et il n’est pas toujours possible de les contourner.

Ces bastons sont un peu décevantes, notre fusil n’a pas beaucoup de patate, ça dure, il y a un système de boucliers à faire tomber avant de taper dans la barre de vie qui rend le tout un peu statique. Globalement, avec assez de munitions, on ne craint aucun des mechas tant qu’ils ne sont pas une dizaine à nous courir après. Vu qu’ils habitent par groupe de trois, si on ne court pas tout droit comme un dératé, peu de risques. Ça aurait par contre été plus agréable qu’ils ne respawnent pas à tout va, j’ai parfois à peine le temps de faire cent mètres et de faire demi-tour qu’ils sont de retour.

Un de ces fameux boss qui s’apprête à me tuer pendant que je prends le screenshot. Sympa.

Au-delà de ces ennemis de base, il existe, en de rares endroits, des boss, d’immenses mechas beaucoup plus costauds qui envoient des missiles guidés et qui piquent très fort. Ils squattent souvent à côté des éléments importants pour votre missin et si en plus de ça vous avez un trio de scorpions ou d’ours qui vous savatent, vous aurez peu de chances d’en réchapper à moins d’avoir préparé des munitions spéciales.

L’exploration est agréable, la phase de découverte des possibilités est très satisfaisante et les nombreux éléments de gameplay sont introduits l’un après l’autre. On commence par ramasser des plantes, ce qui est la raison principale de notre présence ici. Chaque morceau augmente le pourcentage de découverte du remède et il faudra en trouver un grand nombre pour atteindre les 100%%. Cette barre de progression est également celle qui débloque les objets craftables (munitions, kits de soin, boost d’endurance…) qui nécessite évidemment des plantes et des pièces récupérées sur des mechas détruits.

Sur les îles se trouvent un certain nombre de points d’intérêt qu’il faut trouver, aidé en cela par un petit drone qui nous en indique la distance et la direction. Certains de ces points sont des quais d’arrimage où fixer une base qui plane au dessus des nuages et dans laquel on peut faire pousser des plantes, se soigner et améliorer son perso ou ses mechas. D’autres sont des balises qui, une fois activées, permettent l’accès à une autre île.

Il manque la musique d’ascenseur.

Au bout de quelques lieux découverts, on trouve un vaisseau de surface endommagé. Une fois remis en état de voler, il permet de se déplacer rapidement sur les îles, accélérant l’exploration, mais il faudra toutefois retourner au sol pour activer les bases et récolter les ressources. C’est le degré zéro du pilotage par contre : aucune sensation, on peut monter et descendre mais se prendre des murs n’a pas de conséquence. La seule barre importante, c’est l’énergie restante et si on tombe à sec, c’est le game over.

Ce vaisseau sera notre porte de sortie puisqu’il faudra le réparer entièrement et remplir ses réservoirs pour qu’il puisse nous ramener sur Terre avec le remède. Un double objectif à mener de front : trouver le remède et préparer le vieux coucou. Alors on court, on récolte, on tabasse, on répare, on alterne les phases calmes et de courts moments plus intenses.

Toute l’exploration est conditionnée par la météo. Autour des bases, un système fait redescendre la menace de tempête en crevant les nuages. Mais lorsqu’on part en promenade, cette jauge augmente avec le temps. Si le premier stade n’est pas dangereux, le second doit servir à vous alerter car le troisième niveau devient ingérable : plus de minimap, plus d’informations du drone, vous êtes livrés à vous même alors que tombent des éclairs et que des cyclones traversent les lieux.

Une de ces balises à activer pour progresser dans le jeu.

Il faut alors retourner dans un lieu protégé ou trouver un mécanisme spécial, l’ionizer, situé au hasard sur l’île, sans quoi c’est la mort assurée après une fuite à l’aveugle particulièrement pénible. Une bonne idée que d’obliger le joueur à planifier ses expéditions et de conserver une menace permanente à gérer ; seulement dans les faits, il est rare de se laisser piéger, à part après une série de longs combats fastidieux ou un manque d’attention.

Les îles sont générées aléatoirement à la création de partie, ce qui peut donner des situations surprenantes mais qui conserve l’intérêt de l’exploration en terme de rejouabilité. Les bases ou les ionizers permettent de sauvegarder sa partie puisqu’il n’existe ni sauvegarde automatique ni de quick save, mais vu qu’on en trouve un peu partout, ce n’est pas vraiment un souci.

Graphiquement c’est assez inégal, certains endroits rendent très bien quand d’autres éléments sont plus carrés mais globalement c’est propre avec quelques belles réussites. La musique lors des phases d’exploration est parfaite, discrète, douce, elle pose une ambiance que malheureusement le thème des combats qui se déclenchent vient gâcher, étant bien moins réussie tout comme la transition de l’un à l’autre.

Ils me rappellent les rennes de l’étrange Noël de Mr Jack.

S’il s’agit d’un jeu d’action avec une grosse part d’exploration et de craft, il a tout de même une fin, malgré un scénario qui se limite au strict minimum en terme de narration. Il faut quelques heures pour en venir à bout, plus si vous souhaitez visiter l’intégralité des îles, ce qui n’est pas nécessaire dès lors que vous avez trouvé les éléments demandés. Sky Break n’est pas un No Man’s Sky du pauvre, il s’est fixé des limites, propose un gameplay varié qui ne devient répétitif qu’en de rares occasions.

Il ne propose pas plus qu’une aventure agréable et rarement frustrante, l’équilibrage étant tout à fait correct. Bien qu’il prenne parfois des raccourcis avec ces mechas qui se téléportent ou ce vaisseau à la conduite ratée qui apparait instantanément quand on l’appelle, ce jeu tient debout et a su sortir du piège de l’exploration / survie / craft sandbox sans but. Le jeu est parfaitement traduit en français, ce qui n’est pas une surprise vu que le studio est basé dans les Yvelines. Avec son absence de sang ou autre élément visuellement violent, il est parfaitement adapté à un public adolescent, sans sembler enfantin pour un adulte.

C’est clairement ce que j’appelle un « bon petit jeu » aux promesses simples mais tenues. Disponible pour 15€ sur Steam, ce qui est cohérent pour le contenu. On peut regretter que certaines bonnes idées ne soient pas exploitées comme elles le mériteraient ou que le scénario soit si limité mais l’équipe de FarSky Interactive a prouvé qu’elle savait créer des jeux originaux. J’espère qu’à l’avenir ils auront les moyens de leurs ambitions et sauront réutiliser ce cadre réussi dans un univers plus épique et construit.

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