Chapitre 6 – Exploration à l’aveugle

Steam s’est rendu compte qu’il avait beaucoup grossi. Impossible pour un promeneur de feuilleter page après page l’immensité du catalogue sans y passer des heures. Déjà qu’on a pas assez de temps pour jouer à tous nos jeux, s’il faut en plus en perdre pour en trouver de nouveaux…

Alors Steam a eu une idée. Il propose à l’utilisateur une sélection de onze titres piochés selon certains critères. Pourquoi onze ? Bonne question. Selon quels critères ? C’est encore un peu flou. Cette fonctionnalité m’est apparue lors des soldes d’hiver 2015 lors desquelles consulter ces listes de découvertes était le seul moyen d’obtenir les cartes spécifiques à ces soldes. Depuis je m’amuse régulièrement à les consulter, histoire de voir si le système a un intérêt.

La présentation du système lors de son apparition.

S’il est possible de personnaliser cette liste, c’est principalement par l’exclusion. On peut déjà choisir d’inclure ou non les jeux en early access, les logiciels ou les films, ainsi que les titres annoncés mais pas encore disponibles. Mais on nous propose surtout d’exclure les jeux comportant certains tags. Mon premier réflexe aura été de virer les titres nécessitant un casque de réalité virtuelle, les visual novels et les JRPG ; chacun peut faire à sa sauce et ça tombe bien puisque Steam a une façon très personnelle de prendre en compte ces choix.

On nous entraine donc vers une page du magasin avec une courte mention pour justifier la proposition : parce que le produit est populaire, nouveau, recommandé par des amis… ou similaire aux jeux auxquels vous jouez. Steam Brother is watching you play.

On peut donc choisir de mettre le jeu proposé sur liste de souhaits ou au contraire signifier que l’on n’est pas intéressé ; dans les deux cas, le produit ne devrait normalement pas être représenté dans une future liste de découvertes. On peut aussi simplement passer au jeu suivant au risque de voir le même titre revenir plus tard.

L’idée est louable : on me propose ce jeu sans autre raison que de me le faire découvrir. Bon, là c’est un jeu que Baalim veut, c’est mauvais signe.

Parfois, on tombe sur un jeu obscur qui vient de sortir sans qu’on en ait entendu parler et c’est effectivement un bon moyen pour les découvrir. Mais la plupart du temps, on enchaine les pages sans être intéressé tellement le catalogue est rempli de saloperies.

C’est d’ailleurs le revers du système : au lieu de nous orienter vers des produits qui nous correspondent, il nous fait surtout ressentir l’immensité de vide qui sépare deux bons jeux. On aurait pu espérer qu’exclure des tags nous épargnerait la vue de certaines hontes à la créativité mais comme laissé entendre plus tôt, Steam se moque parfois sans vergogne de nos préférences. C’est donc parti pour huit jeux uniquement compatibles VR sur les onze proposés. Ça n’arrive pas tout le temps mais c’est un petit peu pénible.

Beau pourcentage de jeux sans intérêt pour moi.

Pour une fois que Steam a une idée qui n’est pas à jeter directement aux oubliettes, dommage qu’elle soit victime de l’obésité du catalogue, du système d’évaluations (qui va mériter son chapitre, surtout depuis les changements récents) et de tags qui correspond globalement à tout et n’importe quoi.

Je m’en sers régulièrement pour voir les dernières horreurs sorties de Greenlight et les nouveaux free-to-play qui croient encore à ce modèle économique. Parfois, sans crier gare, un bon jeu passe devant moi et finit dans ma wishlist, pour y penser quand une promo agressive passerait par là.

Déjà près de 600 jeux passés en revue, encore 12 000 à passer, sans compter tous ceux qui sortent quotidiennement. Un jeu dans le jeu qui mériterait des succès et des badges à crafter tellement il demande de l’assiduité. Et une combinaison hazmat.

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