Cataclysm : Dark Days Ahead – Survivre en ASCII

Comment rendre hommage Cataclysm : Dark Days Ahead ? Pas en montrant des captures d’écran en tous cas. Même avec des tilesets, ces images qui viennent remplacer les caractères en ASCII qui représentent les éléments du jeu, il est particulièrement moche et austère. La musique inexistante et l’impossibilité de jouer à la souris avec son interface adaptée aux poulpes ne vont pas non plus l’aider. Mais c’est le contenu qui est proprement étourdissant.

Pour résumer, le cataclysme a eu lieu. Les villes sont remplies de zombies, les forêts de créatures dangereuses, les chiens sont retournés à l’état sauvage et on trouve des cratères un peu partout. La plupart des bâtiments sont toujours debout mais il n’y a plus vraiment d’endroit sûr.

C’est dans cette ambiance joyeuse et bon enfant que notre personnage se réveille. On peut le customiser au départ, lui attribuer des compétences en combat ou en artisanat, le nommer mais pas définir son apparence ; tout au plus pourrons nous définir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Au début de chaque partie, nous voilà dans un abri prévu pour les catastrophes, ce qui tombe plutôt bien. Quelques meubles, un ordinateur, une couverture de survie, voilà avec quoi il va falloir commencer.

Le jeu en version ASCII. Comment ça, vous comprenez rien ?

Mais commencer quoi ? Il n’y a pas de scénario, d’objectif à atteindre… à part survivre le plus longtemps possible. Un jeu sandbox où on se fixe ses propres buts et ses propres moyens d’y parvenir. L’abri possède un sous-sol plongé dans l’obscurité où on peut, si on a de la chance, trouver quelques objets utiles mais leur présence est aléatoire.

Pour survivre, c’est assez simple : il faut manger, boire, dormir, se maintenir au chaud, se soigner et maintenir sa santé mentale. Il va falloir trouver de la nourriture et de quoi la préparer, un endroit sûr, confortable et chauffé pour dormir et visiter les hopitaux pour soigner les maladies qu’on ne manquera pas de choper.

Chacun de ces aspects peut prendre des journées entières mais revenons au départ. Il va falloir trouver de quoi se défendre contre les monstres et le plus simple est de sortir de l’abri pour aller chercher une pierre. Ainsi armé, on pourra défoncer un banc pour y récupérer une planche et éventuellement y ajouter des clous. Avec ce gourdin primitif, on pourra repousser quelques zombies.

C’est alors parti pour une balade jusqu’à la ville la plus proche, ou encore en forêt puisqu’on peut y récolter des œufs d’oiseaux ou de reptiles. Les villes sont infestées, on a à peine le temps de rentrer dans une maison que déjà les zombies cassent portes et fenêtres pour venir nous bouffer. L’occasion de profiter de sa vitesse en attrapant quelques objets au passage : fringues, nourriture, outils et surtout sacs.

C’est mieux avec un tileset. Ça reste moche mais on comprend mieux la situation.

Il faut gérer son inventaire puisqu’il s’agrandit si on porte des contenants. Ça peut être un sac à dos, un attaché-case, un sac en plastique… Les objets ont tous un volume et un poids ; s’il sera impossible de porter plus de volume d’objets que nos contenants le permettent, on peut très bien se retrouver ralenti et même endolori par un poids trop important. Il est important de se constituer une base, un endroit où on vient stocker son bordel pour pouvoir retourner en chercher.

Les vêtements sont très importants également. Le moindre pull et même slip possède des caractéristiques de chaleur et de résistance aux dégâts. Si un pantalon ou un manteau a des poches, cela augmente le volume transportable. Par contre, cumuler les couches de fringues aura des conséquences. Cela peut rendre le personnage encombré et ainsi l’empêcher de mettre des coups de barre à mine dans la gueule des zombies, mais cela peut aussi faire monter sa chaleur interne au point qu’il pourrait en souffrir. A l’inverse, se promener à poil dans une tempête de neige assure au courageux naturiste de mourir en quelques instants.

L’écran d’inventaire. Notez que les fringues (items worn) doivent être ajustés (fits) à la taille du personnage pour ne pas l’encombrer dans ses actions.

Le craft est une part centrale dans ce jeu. Que ce soit pour se fabriquer une arme ou se faire cuire à manger, on a besoin de plusieurs choses : la connaissance de la « recette » et les ingrédients pour la réaliser. Si au début on cuit des steaks directement à la broche devant un feu de fortune, on peut ensuite mijoter des plats plus compliqués avec des légumes et de l’assaisonnement. Pour débloquer ces recettes, il faut améliorer son personnage dans les compétences requises mais aussi trouver des bouquins qui les expliquent.

Je pourrais parler encore des heures des possibilités offertes par ce jeu (et j’en reparlerais ici sans aucun doute), les véhicules que l’ont peut réparer ou même fabriquer à partir de rien, les zombies qui peuvent être « classiques » ou comme dans Left for Dead, électriques ou qui crachent de l’acide, les plaies infectées qu’il faut nettoyer au désinfectant ou cautériser au couteau chauffé, les innombrables drogues que l’ont peut prendre ou encore une de mes tactiques préférées : attirer les monstres dans un bâtiment avant d’y mettre le feu…

Le mieux dans tout ça ? C’est que Cataclysm : Dark Days Ahead est gratuit. Téléchargeable ici. Toujours en développement même s’il n’est plus mis à jour depuis un petit moment, le forum est extrêmement actif avec des grands malades qui rajoutent des mods qui renouvellent totalement le jeu. Il y a même une traduction française approximative mais qui permet d’à peu près comprendre l’essentiel. Ce jeu est un gouffre chronophage comparable à Dwarf Fortress si, comme dans ce dernier, on passe au-dessus de l’interface imbitable et des graphismes très limités.

Le tileset que j’utilise. C’est pas le plus joli mais je le trouve très lisible.

Cataclysm DDA va bien plus loin que tous les jeux de survie qui pullulent sur Steam en terme de réalisme, de possibilités, de situations complètement improbables et surtout de morts stupides. Crever en marchant sur une mine en pleine nuit, alors qu’on fuit une horde rencontrée au détour d’une maison, après avoir sniffé de la cocaïne, bu une bouteille de whisky et mangé un steak de chair humaine est une expérience rare.

On peut renouveler son expérience en créant de nouveaux mondes avec de nouvelles règles, on peut même intégrer des PNJ qui sont malheureusement pas mal buggés ; on peut aussi à chaque mort retourner dans le même univers et retrouver le corps de son personnage précédent…

Le jeu mériterait une meilleure exposition et j’attends fébrilement que la bande de développeurs bénévoles sortent une nouvelle version, encore plus complète et foldingue. Je vous laisse, j’ai pas fini de creuser un fossé autour de ma base, je dois aussi aller récolter mes légumes et changer le pneu de ma voiture blindée.

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