Tavernier – L’auberge du poney bourré

Ah, une bonne taverne, le lieu mythique des débuts de partie de jeu de rôles. On y rencontre généralement des mecs louches qui nous proposent des quêtes épiques au milieu des ivrognes et des serveuses aux décolletés dignes de visual novels japonais. Mais Tavernier nous propose de changer de point de vue : on passe de l’autre côté du comptoir pour satisfaire au mieux sa clientèle.

Le jeu se découpe en semaines, au nombre de 52. Chaque « tour » est l’occasion d’organiser son lieu de débauche pour y attirer plus de clients mais aussi de favoriser la présence d’un ou plusieurs groupes en particulier. Vous souhaitez plutôt voir vos tables garnies de paysans, de soldats ou de bandits ? Il faudra demander au barde de jouer la musique la plus adaptée et installer les décorations préférées de chaque classe.

En plus de ça, vous pouvez être un patron plutôt cool, ce qui attire plus de clients, ou plutôt professionnel, ce qui vous assure des taxes moins élevées. Parce que c’est pas le tout de remplir sa taverne, l’intérêt c’est de faire raquer un max les clients. Pour ça, vous pouvez ajouter à votre carte diverses boissons et nourritures, là encore à choisir en fonction de vos squatteurs de comptoir.

Le premier jour d’ouverture, on trouve un peu de tout.

Chaque groupe dépense une somme fixe à laquelle il faut ajouter les revenus de ces menus personnalisés. Les paysans ne paient qu’une faible somme de base mais si vous leur proposez des plats qui leur plaisent, les bénéfices seront importants, tandis que les bandits paieront une base plus élevée mais les gains liés aux menus seront moindres. Il faut donc jongler pour maximiser ses revenus.

Le but du jeu est-il donc de ramasser un max de fric en un an ? Pas exactement. Le pognon sert à acheter ces améliorations, au coût exponentiel, et il faut impérativement pouvoir payer ses taxes sous peine de voir sa taverne fermée par la garde. Le début de partie consiste donc à mettre en place un équilibre financier pour pouvoir ensuite grandir.

Mais chaque semaine, un événement se produit. Un nouveau client avec une demande particulière, une bagarre qui éclate, une serveuse à embaucher, tous ces choix se présentent sous la forme d’un texte et d’options à choisir. Certaines ne sont disponibles que si vous avez la déco qui va bien, d’autres si vous avez une majorité de clients de tel groupe ou encore si vous avez les moyens financiers ou autres.

Résumé d’une semaine de travail.

Chaque option a des conséquences, qui peuvent être monétaires ou modifier la répartition de vos clients en plaisant à certains au détriment d’autres. Au lancement de partie, il est possible d’activer l’affichage du résultat ou bien d’y aller à l’aveugle, ce qui en terme de jeu est plus immersif à mon sens.

A intervalles réguliers cependant, on viendra vous chercher pour des réunions secrètes si vous êtes assez populaire au sein d’une classe et c’est là que le scénario s’enclenche ; je vous laisse la découverte de l’histoire à laquelle votre taverne sert de décor mais sachez que c’est bien là que réside le réel but du jeu qui vous emmènera vers une « victoire » ou une « défaite ».

L’interface est très simple, composée d’écrans fixes et de menus plutôt clairs. Le style graphique crayonné n’est pas mal du tout, il ne provoque aucune fracture de rétine et met bien dans l’ambiance med-fan. L’ambiance sonore est limitée à la musique (que l’on peut choisir, comme dit plus haut) qui est plutôt réussie, quel que soit le style (country, rock, jazz…) ; dans l’ensemble, la réalisation est très correcte.

Une opportunité de business… est-ce un bon plan ou une arnaque ?…

Tavernier est entièrement écrit en anglais, ce qui peut rebuter si on est pas à l’aise dans cette langue ; cela peut surprendre quand on sait que le jeu est l’œuvre de From the Bard, un studio français. Peut-être dans un patch futur…

EDIT 25/04/2017 : Il est venu ! Depuis le 23/03/2017, Tavernier est disponible en français dans le texte !

En tous cas, From the Bard propose une expérience surprenante avec son mélange de gestion et de visual novel interactif.

Il faut quelques parties pour comprendre ce que le jeu attend de nous, la difficulté augmente avec les semaines qui passent et il est parfois difficile de revenir sur les choix initiaux puisqu’on ne peut récupérer l’argent dépensé si l’on souhaite changer radicalement de voie. Les différentes possibilités permettent d’ailleurs un minimum de rejouabilité.

Il se joue en courtes sessions, les cinquante-deux semaines passant finalement assez vite, j’ai bien apprécié la phase de découverte et il m’a fallu réfléchir pour atteindre la victoire malgré une bonne part de hasard dans l’enchainement des événements. Un jeu que je recommande parce qu’il sait exactement ce qu’il est : un petit jeu original aux promesses respectées, disponible pour 2,99€ sur Steam ; un prix parfaitement adapté au produit et à sa durée de vie. Merci encore Rouxbarbe !

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