The Banner Saga 2 – Promenons nous dans les bois

La longue marche des nordiques reprend plus d’un an après le premier épisode. Les humains et les varls font claquer leur bannière au vent dans leur monde surgelé au soleil insomniaque.

Car oui, il s’agit bien de l’épisode deux ; l’aventure se terminait en laissant beaucoup de questions en suspens, ce qui a laissé un petit goût amer quand défilait le générique de fin. Difficile de ne pas évoquer le premier pour présenter le second, étant donné qu’il s’agit essentiellement du même jeu.

Pour rappel, The Banner Saga nous emmène dans un voyage où l’on doit mener un groupe toujours plus loin, en gérant le moral et la nourriture, parsemé de combats tactiques en tour par tour. Ce système de batailles a été globalement bien reçu par la critique et a même donné lieu a un free to play uniquement constitué de bastons. Personnellement c’est pourtant l’histoire de ces peuples qui n’ont d’autre choix que de fuir devant une menace mythologique qui m’a séduit.

Bon, parfois ils trichent et prennent des bateaux
Bon, parfois ils trichent et ils prennent des bateaux.

Au cours du trajet, on rencontre un grand nombre de personnages qui viendront étoffer notre groupe. Ce sera l’occasion de dialogues, de conflits, de décisions difficiles à pendre : le détour par la forêt et son couvert, ou la voie directe mais exposée ? Récupérer des trinkets qui accordent des bonus en combat ou acheter de la nourriture pour tenir quelques jours de plus ?

Si le scénario est captivant et les combats, simples mais pas simplistes offrent beaucoup de possibilités tactiques, la gestion de sa caravane errante montre vite ses limites : après avoir passé plusieurs jours sans provisions, la seule conséquence aura été la mort ou la fuite d’un grand nombre de compagnons anonymes, ce qui n’affecte en rien les personnages importants. Tout juste ai-je eu conscience d’avoir raté certains succès Steam, ce qui pour un être normalement constitué n’a aucune importance.

La première partie montait en tension jusqu’à un climax pas aussi épique que le laissait présager le début ; comment se présente donc le second volet de cette trilogie ?

Tout d’abord il est possible de reprendre son histoire en intégrant sa sauvegarde du premier ce qui est appréciable mais je ne comprends pas pourquoi cela m’a accordé un bonus. De plus cela ne m’a pas épargné le tutorial envahissant, qui force pendant quelques instants à prendre certaines décisions uniquement pour vous apprendre à jouer. J’ai rien contre les tutos mais c’est un peu prendre les gens pour des poissons rouges que d’enregistrer le fait qu’ils aient fini le premier tout en leur réexpliquant les bases…

L’histoire reprend sans temps mort, avec rapidement deux groupes distinct à mener vers un but plus ou moins clair. De nombreux personnages reviennent et d’autres font leur apparition pour remplacer les nombreux départs plus ou moins définitif, au point que j’ai une fois senti qu’on me collait un ninja dans les pattes juste avant une phase critique histoire de me préparer aux pertes à venir.

La confiance règne, ça fait plaisir.
La confiance règne, ça fait plaisir.

Le décor va évoluer, on quittera lentement les montagnes enneigées pour se rapprocher de la côte, on traversera des forêts sous LSD, des cavernes remplies de dredge et autres créatures, on rencontrera d’autres peuples, d’autres races et le scénario dévoilera page après page l’origine de l’apocalypse en chemin…

La route est régulièrement jalonnée de décisions à prendre, des plus futiles aux plus importantes pour l’avenir du monde entier. S’il est toujours délicat de voir quelle serait la « bonne » solution, il est parfois difficile de sentir le véritable impact à long terme de ces choix. Ils ont toutefois toujours une conséquence directe, que ce soit en nombre de membres du clan, en quantité de nourriture ou en renommée.

Cette dernière est la « monnaie » du jeu mais également la ressource qui vous permet de monter vos personnages de niveau. Et c’est sur ce point que les nouveautés se sont montées rafraichissantes pour le gameplay.

De nouveaux personnages signifie pour Banner Saga de nouvelles classes de combattants. Héritées du premier, les classiques Warhawk, Raiders et Archers se voient rejointes par le Skald (le barde nordique), le Berserker ou encore le Cantref. Tous apportent différentes options tactiques bienvenues pour les combats.

Ils sont toujours basés sur le même principe de points d’armure et de santé / force avec plus de moyens de remonter ces stats pendant la bataille. Très régulièrement scriptés avec des conditions particulières à remplir pour remporter la victoire qui ne sont parfois expliquées qu’en cours de combat, ils sont intéressants à jouer sans pour autant m’avoir donné l’impression de proposer un challenge exigeant en mode normal. Ils s’enchainent pourtant avec plaisir, avant de repartir sur la route, chassés par une menace qui se précise et rattrape inexorablement les héros.

Les Dredges ne seront pas votre seul ennemi sur la route.
Les Dredges ne seront pas vos seuls ennemis sur la route.

Fidèle au premier épisode, les graphismes sont tout simplement splendides ; si lors des dialogues les personnages sont tellement fixes qu’ils semblent tous s’être calés un balai dans le fondement, les paysages traversés sont un plaisir pour les yeux et ceux des God Stones sont les plus réussis.

La musique est parfaitement intégrée aux circonstances, mais elle tourne très rapidement en boucle pendant les combats. C’est très dommage mais le reste de l’ambiance sonore est d’une grande qualité.

J’ai pris un énorme pied à repartir sur les routes aux côtés des blondinettes, des gros cornus, des dadas et même des ennemis d’hier, la menace ne faisant pas de distinction… Cet épisode annonce un troisième volet aux relents désespérés mais il comporte déjà son lot de révélations, de scènes épiques et de décisions drastiques mais nécessaires.

Avalé d’une traite, il m’a laissé sur un sourire, comme un bon livre ou un bon film. The Banner Saga 2 est un jeu qui sait se servir intelligemment de son univers riche pour nous impliquer profondément dans une histoire racontée avec autant de style que d’ambition. C’est un jeu d’aventure d’une qualité rare et même si la partie tactique n’est pas forcément la plus réussie, elle a également ses qualités exploitées avec justesse par le scénario.

J’attends maintenant le troisième épisode avec encore plus d’impatience quand je vois qu’à partir d’un jeu déjà très réussi, les texans de Stoic ont su en conserver l’esprit en apportant des nouveautés dans tous les sens pour pondre un épisode encore plus envoutant.

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