[DLC] Beholder – Sommeil béat – L’âge de la retraite

Ça vous a manqué de jouer au petit rapporteur ? D’épier vos locataires par le trou de la serrure ? De les dénoncer quand ils chantent du Sardou ou qu’ils jouent de l’ukulélé ? Bon, dans ces cas précis, ça pourrait être justifié et ça tombe bien, Warm Lamp Games remet le couvert avec ce DLC pour Beholder, déjà présenté ici.

Cédant à la mode des préquelles, on va retrouver notre immeuble tout droit sorti de 1984 pour y découvrir l’histoire d’Hector Medina, l’ancien concierge que l’on voit se faire expulser manu militari au début de l’histoire de Carl Stein, héros de Beholder. Il vient de fêter ses 65 ans, mais ne serait-il pas victime d’une erreur administrative pour se retrouver invité à participer au programme Sommeil béat ?

Les habitants sont de vieilles connaissances, pour nous comme pour Hector puisqu’il est en poste depuis quelques années, au contraire de Carl qui venait d’arriver. Ils lui souhaitent son anniversaire, s’enquièrent de la santé de son fils qui vit loin et lui demandent de l’aide pour leurs problèmes personnels.

En l’absence de famille à gérer, Hector se voit affublé d’une créature de l’enfer d’un chat qui déambule dans les appartements, réclamant câlins et nourriture. C’est un chat comme on les aime, du genre à jouer au babyfoot toute la journée en attendant sa pâtée. Bon, il chope bien des souris, parfois, pour les entasser dans l’appartement d’Hector.

Le ton est plus sombre encore que lors des aventures de Carl et sa famille, les drames surviennent très tôt et ne laissent que peu de répit à Hector qui se retrouve à jongler entre des directives gouvernementales ubuesques, les besoins de ses locataires et sa propre situation, mise en péril dès les premières secondes de jeu.

On fait des choix parfois désastreux, on se met à dos des locataires pour obtenir ce que l’on souhaite et on fouille leurs appartements pour rédiger des rapports compromettants ou les faire chanter. Les interactions entre les destins des habitants sont un peu plus poussées et il n’est pas rare de devoir poignarder Paul dans le dos pour satisfaire Émile.

L’interface est toujours aussi approximative ce qui pose problème car le timing m’a semblé plus serré encore dans ce DLC. Chacun vaque à ses occupations tout au long de la journée mais les appartements sont rarement vides bien longtemps et parvenir à y pénétrer sans être vu demande un temps de planification dont on ne dispose pas.

Alors on se fait choper, on s’excuse platement et on repart les mains vides parce qu’on a mal calculé son coup alors que l’appartement d’à-côté était vide. Un monde plus dur, moins de droit à l’erreur. Surtout qu’il faut souvent inviter de nouveaux locataires pour voir apparaitre une solution à un problème jusqu’ici sans réponse, mais aucun indice ne vient nous aider à choisir celui qui arrivera comme le sauveur… en apparence seulement.

Toujours aussi intéressant à jouer, il reste frustrant par sa maniabilité peu confortable et l’impression de parfois s’être planté sans avoir su comment ni pourquoi. L’histoire m’a parue encore plus glauque, même si le personnage principale a d’autres motivations et objectifs personnels, l’ambiance est encore moins à la fête malgré la présence d’un feu d’artifices.

La traduction de Beholder vous avait mis mal à l’aise ? Rassurez-vous, celle de Blissful sleep / Sommeil béat est du même tonneau : mauvaise, malhabile, elle introduit de la lourdeur dans les dialogues et surtout de la confusion dans les différentes missions. Rien que ce « loyer » au lieu de « louer » me donne envie de tabasser Nelson Monfort avec une méthode Assimil.

Sans réelle nouveauté dans le gameplay mais sachant renouveler les motivations et les objectifs des personnages, Sommeil béat plaira sans aucun doute à ceux qui ont su se dépatouiller de l’interface parfois pénible de Beholder. Pour 4€ sur Steam, ils y retrouveront ce qui fait le sel du jeu, avec un contenu qui n’a pas à rougir en terme de durée de vie.

Retour au sommaire

Publicités