Age of Gladiators – 300 nuances d’ennui

Vous aimez le sang qui coule dans le sable chaud de l’arène, le ballet de violence entre deux adversaires, les passes d’armes qui valident des heures d’entrainement et le public impitoyable à l’heure de la mise à mort ? Malgré les apparences, je ne parle pas d’un débat d’entre-deux tours d’une présidentielle mais bien de gladiateurs, ces masses de muscles huilées emblématiques de l’Empire Romain.

C’est dans un coin paumé de cet Empire que débute notre aventure. Avec un peu de fric pour lancer son auto-entreprise de spectacle macabre, on recrute quelques clampins qui trainaient dans les rues et on les entraine dans le but d’en faire de véritables machines à tuer. Pro-tip : pour mieux vous y retrouver, vous pouvez renommer et changer l’apparence des gladiateurs. J’ai tout naturellement utilisé les noms de certains membres des canards généreux.

Comme dans Football Manager, on commence par envoyer des recruteurs évaluer leurs caractéristiques, avant de constater que le puissant combattant qu’on imaginait n’est finalement qu’un clodo qui tient à peine debout tout seul. On les équipe d’une arme et Alea Jacta Est comme disait Jul. Non, l’autre.

Une seule caractéristique commune avec le véritable Harvester : sa note de charisme.

Une fois dans l’arène, je ne peux m’empêcher de retrouver des similitudes avec Football Manager, mais les versions des années 90. Celles où l’action n’est présentée qu’à travers du texte. Mais au moins dans FM on avait des détails ; là on se contente d’une suite d’infos chiante comme la pluie. Pégu random 1 attaque : raté. Clampin random 2 attaque : esquive. Pégu 1 est fatigué. Clampin 2 est fatigué. Pégu 1 attaque : raté. Clampin 2 attaque…

Ad Nauseam. Heureusement on peut passer le combat en un clic pour arriver directement au résultat : la victoire de l’un des combattants. Le perdant n’est pas forcément exécuté mais cela reste rare de trouver des gladiateurs ayant survécu à quelques défaites. Le gagnant ne sort pas indemne du combat, il peut être blessé pour de longues semaines voire même se trouver dans l’incapacité de continuer son métier. Il vous reste alors le choix de le libérer ou de mettre fin à ses souffrances avec une médecine de fer.

Baalim qui parvient à ne pas être complètement inutile, on est bien dans une fiction vidéoludique.

Les premières semaines sont compliquées puisqu’il faut équilibrer son budget. Nos clodos en culotte de peau demandent à être nourris, logés et rémunérés. Leurs entraineurs et médecins aussi. Mais le seul moyen de rentrer de la thune reste de participer à des combats et cela n’arrive pas tous les jours.

Avant le combat, on peut aussi parier sur le résultat. S’il semble logique de miser sur la victoire de son poulain, on peut aussi tenter de limiter la casse en comptant sur sa propre défaite. Cela aura un impact sur le moral de notre combattant mais s’il est mis à mort à la fin, ce sera le dernier de ses soucis.

On passe donc notre temps sur des écrans fixes plutôt austères à l’interface pas très bien pensée. Petite prouesse technique d’ailleurs : le jeu se lance de base en mode fenêtré mais il existe une option plein écran… qui ne fait que rajouter des bords noirs. La prochaine fois, ne vous fatiguez pas à rajouter l’option si c’est pour faire ça. Bref.

Ah oui, dans ce jeu les combats peuvent être mixtes. Spoiler : elle va le défoncer.

Notre cheptel prend des niveaux avec l’entrainement et les victoires, ce qui permet de transformer de frêles adolescents en brutes épaisses. On remarque vite qu’une des caractéristiques essentielles est la dextérité puisque c’est ce score qui détermine les chances de toucher. Quand on voit le déroulement des combats où moins d’un coup sur dix fait mouche, cela fait une différence énorme et assure souvent la victoire contre des musclors maladroits.

Une fois ces principes appris, il devient difficile de perdre. Bien sûr, le niveau des adversaires monte à mesure que l’on se rapproche de Rome, mais j’ai pu avec un peu de chance gagner plus d’une cinquantaine de combats d’affilée, le tout en misant sur mon champion. Ainsi chargé d’or, j’ai pu améliorer leur quotidien et leur moral. Au lieu de dormir par terre, ils ont maintenant des chambres et mangent des plats équilibrés à la place du gruau ordinaire.

Bon là j’ai déconné, après leur avoir donné des récompenses, je les ai enfermés dans des cages et mis des gardes autour, ce qui aura pour conséquence de les rendre très malheureux. Petites natures.

Cette étape réussie, la progression est linéaire et peu enthousiasmante. Il faut éliminer la concurrence dans chaque ville pour passer à la suivante, et pour cela il faut tout simplement tuer les gladiateurs des autres écuries. Autant vous dire qu’avec trois compétiteurs qui disposent d’une vingtaine de combattants chacun, ça ne sera pas forcément difficile mais ça va être long.

On enchaine les combats, les montées de niveau, l’achat d’armes et d’armures… N’étant personnellement pas rebuté par les tableaux de stats, j’ai été pris au jeu lors des premières heures. C’est par la suite que j’ai perdu l’intérêt à mesure que grandissait le sentiment d’avoir fait le tour du concept.

On trouve bien quelques motifs de satisfaction dans ce jeu.

S’il y a de bonnes idées dans Age of Gladiators, il manque sérieusement de renouvellement. Les événements aléatoires sont rares, à part les quelques fois où nos gladiateurs souhaitent prendre leur retraite ou tentent de prendre la fuite, rien ne vient perturber un chemin bien monotone. Répétitivité, je bégaye quand je prononce ton nom. Le cœur du jeu restant les combats, avoir réussi à les rendre aussi inintéressants est une sacrée performance. Mêmes ceux de JRPG sont plus palpitants, et quand on sait mon aversion pour ce genre, ce n’est pas peu dire.

Développé par Creative Storm Entertainment, studio dont je n’ai aucune idée d’où ils viennent mais qui n’a que la série Age of Gladiators à son catalogue, il est vendu 10€ sur Steam mais est déjà passé de nombreuses fois à 1€. Il a eu droit à un bundle… en compagnie de son petit frère, Age of Gladiators 2 (encore disponible sur IndieGala à l’heure où cet article sera mis en ligne) qui se déroulera dans le futur et proposera une représentation graphique des combats. Pas certain que je me laisse tenter pour autant, même si les évolutions semblent plus profondes que ça.

(Pour ceux qui veulent se rendre compte par eux-mêmes, j’en ai un exemplaire à offrir, commentez sur Twitter si vous êtes intéressé)

Retour au sommaire

Publicités