Anna’s Quest – En quête d’innocence

Le point&click, c’est le genre de la flemme. Pas envie d’avoir les réflexes nécessaires à un FPS, de se laisser pousser des mains de poulpe pour un STR, ni même de planifier son développement dans un jeu de gestion ? La flemme au point de vouloir jouer à une main (et pas à un visual novel douteux, je vous voir venir) ? Lancez-donc un point&click. Daedalic est toujours là quand il vous faut une histoire pas difficile à suivre et le minimum vital de stimulation intellectuelle. Si par contre l’encéphalogramme reste plat, allumez plutôt la télé.

Habitué à nous proposer des univers cartoonesques, des histoires à l’écriture propre planquées derrière des personnages touchants et une interface efficace à défaut d’offrir un gameplay varié, ce studio représente le haut du panier de la production du genre, avec les défauts que cela peut entrainer. Si l’ensemble est toujours techniquement très correct, on peut regretter une certaine tendance à la redondance et à la facilité sur certains titres. Mais arrêtons-là les présentations et intéressons-nous au sujet : Anna’s Quest.

Dès les premières minutes, Anna fait n’importe quoi.

Anna vit dans une ferme avec son grand-père, à l’écart de la ville. De cet univers médiévalo-contemporain où des sorcières côtoient des machines, où les animaux parlent et les rois épousent les princesses, elle ne connait pas grand-chose. Son aïeul trouve toujours une bonne raison de l’empêcher d’aller « en ville » et tente de la terroriser avec des histoires de danger au fond des bois.

Mais quand il tombe soudain malade, Anna n’a pas le choix et doit s’aventurer dans l’inconnu en quête (tin tin tin) d’un remède. C’est le début de son voyage, où elle sera capturée plusieurs fois, se découvrira des capacités insoupçonnées, s’attirera les bonnes grâces de défunts et ravivera des souvenirs qui viendront nuancer un manichéisme apparent.

Il est mignon, petit petit !

Relativement simple voire simpliste graphiquement, surtout comparé à d’autres titres du studio, il manque de lieux marquants ou d’audace (à l’exception d’une furtive rencontre avec le diable) dans les environnements. Mais malgré un mélange bordélique de fantasy au sens littéraire du terme, l’univers reste clair et presque cohérent.

Les puzzles sont assez simples sans être ridicules, ils proposent les classiques combinaisons d’objets entre eux ou avec le décor, à quoi on peut rajouter les pouvoirs de télékinésie d’Anna qu’elle peut tenter d’appliquer partout. Sauf sur les gens et les petits animaux, on n’est pas dans Fran Bow même si parfois ça démange.

Hop, cliché numéro 74, Cendrillon qui trime pendant que les autres assistent à un mariage.

Ce n’est pas le jeu d’aventure le plus marquant, le plus touchant ni le mieux écrit auquel j’ai pu jouer, mais Anna’s Quest vous fera passer un moment sympathique. Je regrette cependant la partie sonore plutôt quelconque, les musiques étant d’une discrétion que ne renierait pas Solid Snake, les bruitages très moyens et le voice acting correct sans plus.

Plutôt court (moins de 5h pour en voir la fin) et vendu 20€ sur Steam, il m’est difficile de conseiller à plus de 5€ ce jeu sorti en juillet 2015. Déjà passé dans un certain nombre de bundles, c’est un jeu très correct mais les amateurs du genre pourraient tout de même préférer passer leur temps sur d’autres titres plus mémorables.

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