Sky Break – Mr Météo

En cherchant des studios français de jeux vidéo, je suis tombé sur les créateurs de FarSky. Sorti en 2014, ce jeu est une courte plongée en eaux troubles à la recherche de pièces de son sous-marin pour pouvoir le réparer. L’occasion pour le joueur d’explorer les profondeurs en vue FPS, de récolter des ressources, de crafter et de tabasser des requins. Plutôt bien reçu, FarSky est un peu limité graphiquement mais offre une ambiance dépaysante.

Aujourd’hui, FarSky Interactive bosse sur Sky Break. Reprenant certains concepts de FarSky transposés sur la terre ferme, c’est cette fois un TPS / aventure dans lequel le héros s’écrase sur une planète abandonnée. Il va devoir explorer ses îles hostiles pour retrouver le reste de l’équipage.

Actuellement en Early Access version 4.3, c’est une petite preview que je vous propose grâce aux développeurs qui m’ont fourni une clé avant d’en reparler à la sortie officielle. Tout n’est pas implémenté, tout n’est pas équilibré, je me garderais donc de tout jugement définitif et me contenterais d’un avis général.

Une épidémie menace l’humanité. Dans l’espoir de trouver un remède, une expédition est envoyée sur Arcania pour récolter des plantes dont regorge la planète. Autrefois colonisée, elle fut abandonnée suite à la rébellion des machines contre les humains. Mais arrivée sur place, les vaisseaux sont pris dans une tempête, sont dispersés et s’écrasent l’un après l’autre. Après le crash, on se retrouve donc en pleine jungle luxuriante sous une pluie battante. Le vaisseau est détruit, on est seul, simplement accompagné de son fidèle drone qui servira de boussole.

Notre fidèle drone au milieu de la tempête. J’ai appelé le mien Lycos.

Après avoir trouvé une station d’arrimage, on accède au vaisseau qui plane au dessus du niveau des nuages. Il servira de maison avec son coffre pour stocker son loot, sa station de soin, son système de communication et ses bornes d’amélioration où on viendra dépenser ses points d’expérience pour faire évoluer son personnage.

Commence alors la recherche du reste de l’expédition. On repère des signaux provenant d’autres îles, on explore, on récolte des plantes et on se bat contre l’environnement. On active des tours qui nous donnent les coordonnées d’autres stations d’arrimage afin d’y déplacer le vaisseau-hub et poursuivre notre mission.

Arcania est peuplée de créatures robotiques aux formes animales, les mêmes qui ont attaqué les colons. Pour se défendre, on possède un petit fusil qui peut tuer mais qui peut également hacker les robots abattus pour en prendre le contrôle. On dispose alors d’un allié qui nous suivra partout et à qui on peut donner des ordres d’attaque. Plus tard il sera même possible d’en contrôler plusieurs et de les améliorer dans le vaisseau.

Saloperies d’autruches. Je les prenais pour des girafes au début.

Les combats ne sont pas très difficile tant qu’on fait face à une quantité limitée d’ennemis. En évitant de foncer tête baissée dans les meutes de tigres, on s’épargne des affrontements délicats et autres rechargement de sauvegardes. Les créatures disposent d’un champ de vision assez restreint et il est facile de les éviter en restant à distance, du moins au début… Chaque ennemi dispose de sa particularité avec une mention spéciale aux autruches qui, non contentes de nous mettre des low-kicks, se permettent de nous balancer des cailloux dans le dos quand on essaie de fuir. C’est fourbe, une autruche mécanique.

Les gunfights manquent de dynamisme, les animations des ennemis assez basiques, disons que pour l’heure il ne s’agit pas de la partie la plus passionnante du jeu, mais améliorer son personnage et son arme permet de rendre ces phases moins fastidieuses. On peut espérer qu’à terme les combats ne soient pas une corvée mais il faut prendre en compte que je suis personnellement une quiche en vue TPS et que ça ne doit pas aider.

On croise également de nombreuses espèces végétales, divisées en deux catégories : le mucus et les plantes. En récolter remplit notre inventaire mais surtout  fait progresser notre connaissance globale pour le remède qu’on est venu chercher à raison d’un faible pourcentage à chaque plante. C’est également ce taux qui permet d’accéder à de nouvelles options de craft. Si au début seule la potion de soin est disponible, nous pourrons ensuite fabriquer des munitions spéciales, des potions d’endurance et surtout un moyen de réduire la violence de la tempête.

Une tornade traverse le chemin sans regarder. Je vois le genre.

Le temps est tout le temps pourri sur Arcania, quand la pluie et le vent ne suffisent pas, ce sont des tornades et autres pluies d’éclairs qui traverseront sans prévenir et nous interdiront certains lieux de façon aléatoire. Ce n’est donc pas une simple nuisance visuelle mais bien un danger qu’il faut prendre en compte lors de ses déplacements.

Mais la tempête peut être adoucie grâce à des ioniseurs. Dispersés un peu partout de façon semble-t-il aléatoire, il peuvent être rechargés avec des batteries à crafter. Ils sont indispensables car plus le temps passe, plus la tempête se renforce au point de brouiller les communications ce qui a pour effet de rendre la minimap et le drone inutiles. Sans leur aide, on est réduit à courir sans repère en espérant en croiser un au hasard pour enfin récupérer la vue.

Si on laisse la barre de tempête monter trop haut, on risque de prendre des dégâts en plus d’être perdu. Bref, il faut en permanence garder un œil dessus sous peine de se compliquer sérieusement l’existence. L’idée est bonne mais l’équilibre final sera primordial pour ne passer son temps à traquer les ioniseurs au lieu de pouvoir jouer. Un point à surveiller.

Deux ioniseurs à 20m l’un de l’autre. Ok, prudence est mère de sureté, m’enfin…

Activer des tours et des stations d’arrimage lance un rayon vers le ciel qui vient trouer la couche nuageuse d’une jolie façon ; j’aime beaucoup cette idée et elle est très bien rendue graphiquement. De même que lorsque l’on prend l’ascenseur vers le vaisseau, on se retrouve au dessus des nuages pour profiter d’un ciel étoilé. Cela en fait vraiment ressentir le calme en contraste avec l’agitation permanente au sol.

Aux commandes de notre héros en jupette, on va aller d’environnements végétaux aux rocailleux, en passant par des déserts arides. On trouvera des vestiges des vaisseaux des autres scientifiques, des restes de l’ancienne colonisation, on prendra le contrôle de nouvelles espèces mécanimales et on fuira les tempêtes en récoltant des plantes. L’histoire est pour l’instant assez succincte mais elle est surtout un prétexte pour nous faire avancer d’île en île.

L’autre grosse difficulté, au delà de la météo, est de se repérer sur les iles. L’environnement est décidément votre principal ennemi et cette fois c’est sa verticalité qui est en cause. Quand on connait la direction générale d’un point d’intérêt, savoir comment le relief va évoluer et si on va devoir sauter du haut d’une falaise ou se retrouver dans un cul-de-sac est impossible avant d’avoir visité les lieux une première fois.

L’air libre, le ciel étoilé, le calme…

On crapahute donc en espérant que grimper sur cette colline est le bon choix, on se retrouve sur le bord de l’île où tomber est synonyme de décès, on essaie de noter mentalement la position des ioniseurs en cas de besoin… Mais globalement, sans le drone, on serait perdu. Les décors sont certes différents selon les îles, mais rien ne ressemble plus à une colline avec des arbres qu’une autre colline avec des arbres. La météo offre une visibilité très réduite et masque les points de repères sur ces îles qui ne sont pas immenses mais très accidentées.

Difficile d’évaluer aujourd’hui certains points, comme la durée de vie, l’efficacité de la génération des mondes ou la qualité du scénario. Après toute la hype récente, le gameplay m’a un peu rappelé, toutes proportions gardées, celui de No Man’s Sky avec l’exploration, les combats contre la faune locale, la récolte et le craft. Si on reste à la surface du même astre, les îles offrent également des paysages variés et des créatures improbables. Cependant, à la différence du peut-être pas si grand succès commercial de Hello Games, Sky Break me semble proposer un environnement qui correspond à ses choix de gameplay et non un bac à sable aléatoire à l’objectif nébuleux (si tant est qu’il existe).

Mon vaisseau est en forme de fer à cheval. Ça va bien se passer.

S’il ne boxe pas dans la même catégorie graphiquement (sans être honteux, il est encore un peu raide sur les bords et les textures sont plutôt sommaires), Sky Break pourrait tirer son épingle du jeu s’il sait équilibrer ses différents éléments avec un scénario qui tient la route. L’accès anticipé est disponible pour 15€ et bien que ce ne soit pas dans les habitudes de ce cabinet d’encourager les gens à payer trop tôt, pour ce prix le contenu d’ors et déjà accessible n’a rien d’infamant.

Reste que je serais plus optimiste pour la qualité finale si l’accent est mis sur le scénario, si le gameplay se met au service de l’histoire plutôt que de se contenter de mettre « survie en territoire hostile / craft » en gros sur la boite pour surfer sur une hype déjà terminée. Seul l’avenir nous dira ce que FarSky Interactive souhaite faire de son projet mais on en saura plus très vite : annoncé pour octobre 2016, il est très régulièrement patché avec des ajouts importants de contenu, le suivi semble sérieux et je ne manquerais pas de vous en reparler d’ici la sortie.

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