Emerge: Cities of the Apocalypse – Mélange contre-nature

  • Encore un jeu de zombies ? Comment ça ?
  • Ben y a des zombies dans ton truc, là.
  • Ouais… comme dans plein d’autres jeux…
  • Ouais, voilà, encore un jeu de zombies.
  • Mais il a rien à voir avec Dead Island ou Cataclysm Dark Days Ahead par exemple !
  • Ben si, y a des zombies !
  • M’enfin c’est pas suffisant pour dire que c’est la même chose ! Y a des canassons dans Skyrim, c’est pareil qu’Alexandra Ledermann Passion Charal ?
  • Pfff, t’es vraiment de mauvaise foi, je me casse.

Je… Bref. Encore un jeu de zombies, donc ? Emerge: Cities of the Apocalypse est un titre en apparence simple qui cache une certaine profondeur. Dans un monde ravagé par une apocalypse zombie, il va falloir se battre case par case et tour par tour. Malgré ce pitch convenu, on trouve quelques éléments originaux voire inattendus.

La principale surprise est le mélange des genres. On passera d’une partie gestion en tour par tour avec gestion de ressources à des mini-jeux de tir en temps réel pour frénétiques du clic. Habituellement je suis plutôt ouvert aux mixtures expérimentales, du moment que le résultat n’est pas écœurant ; mais voyons d’abord à quoi ressemble le jeu.

Le jeu se déroule sous forme de scénarios ayant tous un objectif propre. La plupart du temps il s’agit de conquérir un certain nombre de secteurs mais on peut rencontrer quelques subtilités. Le début de partie consiste à administrer son territoire, y construire des améliorations ou donner l’ordre de prendre le contrôle d’un secteur.

La carte principale. Simple et efficace.

Cette phase est plutôt bien pensée. On dispose de points d’action à utiliser, de ressources, d’équipement pour équiper ses soldats, il faut faire de la reconnaissance pour savoir si les secteurs environnants sont infestés, réparer les barricades endommagées lors des combats, construire des défenses… La recherche technologique est peut-être un peu limitée et aurait mérité plus de profondeur. C’est un jeu de gestion tout à fait honorable avec tout de même une certaine répétitivité quand on possède un grand territoire.

Mais pour s’étendre et remporter la victoire, il va falloir se battre. On découvre alors nos petits soldats, avec leurs armes de prédilection et leurs compétences. Sauf qu’on commence avec un clampin et qu’il faudra acheter le droit d’en avoir jusqu’à quatre au maximum sur le terrain. Si on peut les équiper d’armes variées (du fusil laser au lance-grenades) et même les modifier, on sera limité par leur niveau de compétence. Mais pour l’augmenter, il faudra d’abord gagner de l’expérience sur le champ de bataille…

Par contre, quand on entame une baston, on passe en mode temps-réel dans un jeu de clic sur écran fixe. Lents, longs, plutôt pénibles malgré les grenades et autres mines que l’on peut utiliser, j’avoue ne pas avoir accroché à ces combats. Si les premières vagues sont relativement faciles à gérer, lorsque les zombies se multiplient et se diversifient (entre ceux qui vous crachent dessus, ceux qui rampent, les soldats équipés d’une armure ou encore les chiens, il y a de quoi faire) ça devient vite le bordel et il est très difficile de s’en sortir. Heureusement un échec ne signifie pas forcément la mort de votre escouade.

Clic-clic-clic-clic-clic…

On ne peut pas dire que E:COTA soit pauvre en contenu : les scénarios sont nombreux, les armes et les ennemis aussi. Mais l’ensemble ne parvient pas à susciter beaucoup d’enthousiasme. Les combats ne sont pas satisfaisants, les progrès sont lents et surtout le fait de repartir (pratiquement) à zéro à chaque scénario ne motive pas à recommencer une partie. Boucler un scénario sur une petite carte prend une bonne heure au minimum et en une douzaine d’heures de jeu j’ai du en compléter six. La durée de vie n’est pas en cause, mais la capacité d’Emerge à renouveler son intérêt est discutable.

Techniquement très simple, il parvient à tenir sur à peine 100Mo. L’absence de toute représentation 3D ou de graphismes de qualité doit jouer. Pas qu’il soit moche, mais quand même ; le dessin n’est pas particulièrement fin ni soigné. Les effets sonores sont très moyens et la musique pas si désagréable mais trop répétitive. Un mot sur le texte : l’auteur vdweller (Emilios Manolidis dans le civil) a sorti son jeu uniquement en anglais en avril 2016 mais il reste de nombreuses coquilles et certaines tournures de phrases ne sont pas particulièrement heureuses. Heureusement que le scénario n’est pas le point fort de ce jeu.

Je devais trouver cette personne sur la map. Elle était évidemment dans le dernier secteur qui me manquait.

Original dans son approche, intéressant dans son concept, il aurait mérité une phase de baston moins primitive ; cependant les nombreuses possibilités stratégiques permettent d’atteindre ses objectifs sans combattre en permanence. J’ai clairement envie de lui donner un bon point pour l’effort, celui de proposer quelque chose de différent et de le faire intelligemment. J’ai atteint ses limites au bout de quelques heures de jeu assez agréables et malgré ses défauts, je le relance de temps en temps.

Avec ses airs de 4x en territoire zombie, Emerge: Cities of the Apocalypse pourrait tout à fait satisfaire les gestionnaires en combinaison hazmat s’ils savent dépasser ces graphismes et ces batailles spartiates. Disponible sur Steam et sur le site officiel du jeu pour 8€, je ne regrette pas mon achat (à 4€ lors de soldes) ; s’il est clair que ce titre ne plaira pas à tout le monde, il est bien mieux qu’un simple « jeu de zombies de plus ».

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