The Journey Down – I Bwana get high

Ça commence en mode rasta : la gueule des persos, la musique, les voix, tout nous emmène en Jamaïque. Il manque quand même les spliffs, réservés au grand méchant. Dans son grand bureau de PDG, en costard et en dreadlocks, il s’allume une grosse cigarette qui fait rire (si, si, un long truc en cône comme ça, c’est pas un cigare, faut pas nous prendre pour des Jean Bonneau). Un certain style dans une intro à la technique incertaine.

Propres mais pourtant pas folles graphiquement, les scènes non-interactives s’offrent le luxe de saccader et par conséquent de voir les sons légèrement décalés par rapport à l’action. Dommage, mais on comprend tout de même que notre héros, s’il semble gentil, zen et tranquille, va se retrouver bien malgré lui au cœur d’une machination qui l’emmènera par-delà les mers, vers son héritage familial.

Seuls les deux premiers épisodes de The Journey Down sont aujourd’hui disponibles. On va donc parler d’un point&click dont l’histoire ne se « termine » pas. Ça ne m’empêchera pas de juger de l’intérêt de l’aventure, je ne vais pas me gêner. Non mais.

Un méchant très méchant…

On commence avec notre héros, Bwana. Lui et son frère Kito tiennent une station-service au pied d’un pont, dans la grande ville de St Armando. L’élément qui vient troubler la quiétude de leurs siestes (que je devine saupoudrées de fines herbes), c’est l’arrivée d’une femme en quête d’un vieux bouquin…

Ce prétexte sera, dans l’épisode 1, l’occasion de visiter Port Artue avec ses bateaux VIP, ses ouvriers irascibles, ses cigognes récalcitrantes, le boui-boui de mama Makena et autres réjouissances. Les énigmes sont relativement simples, avec quelques morceaux alambiqués mais rien de complètement incohérent. The Journey Down ne déroge à aucune règle du genre, on cliquette pour passer d’un tableau à un autre, pour parler aux gens et de temps en temps, on accomplit une action qui déclenche une animation (qui souffre des mêmes problèmes de synchro que l’intro).

Si tout l’épisode 1 se déroule dans un nombre restreint de lieux, l’épisode 2 va beaucoup plus nous faire voyager. On rencontre beaucoup de nouveaux personnages, on explore de nouveaux lieux, c’est très agréable après un épisode 1 aux décors plus ternes. Mention spéciale à la fin et ses couleurs tropicales.

Un évènement rare : du soleil !

Mais sinon, on s’amuse dans ton jeu ? Eh bien, oui. Le personnage de Bwana est très positif, toujours souriant, même dans la pire des galères ; il tente régulièrement de faire de l’humour mais ça reste un peu poussif. D’autres personnages sont plus variés, bien qu’ils restent assez oubliables. Mention spéciale à Kito, le frère, qui est en permanence occupé hors champ et qu’on ne voit quasiment jamais ; dommage pour une quête qui tourne au drama familial d’en exclure un des membres.

L’ambiance est un des points forts du titre et notamment la musique jazzy à souhait. Les voix sont globalement réussies même si certaines sont un peu forcées ; au passage le jeu n’est disponible qu’en anglais. Les graphismes sont un peu inégaux, de beaux tableaux cohabitent avec des endroits moins détaillés. Le style des visages est assez original, inspiré de cultures d’Afrique Centrale même si les expressions et voix me font plus penser aux Antilles.

Pimp my cab.

Les suédois de SkyGoblin ont surtout réussi à me donner envie d’aller au bout de cette histoire, qui est pour l’instant en suspens dans un cliffhanger familial mais dont le troisième épisode est déjà annoncé sur Steam pour une sortie le 25 août 2017. En termes de durée de vie, difficile de considérer que les 15€ demandés pour ces deux premiers épisodes sont justifiés ; j’ai terminé l’ensemble en environ quatre heures de jeu.

L’ensemble est déjà passé en bundle et les promos sont régulières, je vous conseille d’attendre une opportunité intéressante. En espérant que le troisième épisode soit tarifé de façon cohérente avec l’expérience proposée, je ne peux que constater que je l’attends avec intérêt car malgré ses petits soucis techniques, The Journey Down est jusqu’ici une bien belle histoire que l’on suit avec plaisir.

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