Les chroniques du chaologue #8.1 – Point and Click Edition

19/10/2018

On en a déjà souvent parlé, le point&click est un genre plutôt bien représenté dans la longue liste de petits jeux gratuits ou en pay what you want sur Itch.io ou Gamejolt. S’ils sont en général très courts, ils ne manquent pas pour autant d’intérêt et il est possible de se faire une petite aprem / soirée à enchainer les petites aventures. Voici donc les trouvailles du chaologue, qui vont de l’humour à l’horreur.

Juste avant, un mot sur ces deux projets :

Je me souviens, il y a longtemps, avoir interviewé à deux reprises l’auteur de Lancelot’s Hangover. Le jeu se fait attendre mais le développement est toujours en cours. Jean-Baptiste, si tu m’entends…

Si vous avez aimé Four Last Things, Joe Richardson développe actuellement un nouveau jeu qui a l’air tout aussi barré : The Procession to Calvary.


Commedia dell’Arte

Ce petit point&click, projet d’étudiants de l’ENJMIN et de l’EMCA, a été développé en 2016 et a été présenté à l’IndieCade de la même année. On y suit le célèbre Arlequin dans ses premiers pas sur scène. Ça dure dix minutes, c’est plutôt rigolo et la direction artistique est réussie.


Time Stone


Jeu de l’anglais Stuart Lilford de Scared Square Games, Time Stone est un point&click tout à fait classique qui dure une quinzaine de minutes, ce qui ne l’empêche pas d’être bien écrit. Du voyage dans le temps, de la magie, quelques puzzles, une petite aventure en pixel-art qui tâche très sympa.

The Temple of Adventure

Ok, ce n’est pas un point&click, mais ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas autant foutu de ma gueule que dans ce jeu. Pourtant j’en suis ressorti avec le sourire. Une belle expérience, toujours par Stuart Lilford de Scared Square Games, que je vous invite fortement à découvrir sans vous l’être spoilée avant.

Entrapment

Il y en a un peu plus, je vous le mets quand même, un troisième jeu de Scared Square Games et c’est encore un point&click. Celui-ci est moins réussi graphiquement mais le scénario de ce thriller sombre et dérangeant m’a surpris. Mérite d’y passer quelques minutes pour en voir le bout.


Octavi Narravo

Midnight Scenes 1

Midnight Scenes 2

The Librarian

Ces trois jeux sont l’œuvre d’Octavi Navarro, artiste sur Thimbleweed Park et à l’origine de Pixels Huh :

Sans surprise : ce sont des point&click en pixel-art. Si les deux épisodes de Midnight Scenes nous entrainent dans une ambiance surnaturelle et inquiétante, The Librarian se déroule dans un univers med-fan, mais ce sont des histoires bien construites avec des puzzles honnêtes. Du bon travail, vraiment trop court.

I Want Out!

Retour au point&click gratuits et courts avec I Want Out! illustré par Matthieu Fouache. Une station de métro dans un état catastrophique sert de décor aux questionnements du petit garçon, qui ne sait pas plus que nous ce qu’il fait là. Comme toujours, des objets à ramasser et à combiner, des puzzles pas trop durs et presque cohérents. Disponible en français, ce qui ne gâche rien.


Matt Frith

J’ai découvert Matt Frith en cherchant de jolis point&clicks. Il a publié plusieurs jeux dans son Super Happy Pixel Dungeon. J’en ai donc essayé quelques-uns et bien qu’ils soient tous très courts, j’ai eu le temps d’apprécier le style de ce pixel-artiste qui sévit surtout lors de GameJams.

The Shortest Journey

The Shortest Journey est un point&click tout mignon qui se déroule dans un petit village d’Amérique Centrale. Sans dialogues mais avec combinaisons d’objets, on dirige un petit bonhomme qui va ramasser tout ce qui traine dans les rues sans raison particulière à la base. Notre cleptomane juvénile ira jusqu’au cœur de la jungle à force de petits puzzles. Le jeu se boucle en moins d’une demi-heure et apporte tout de même une bonne idée : le personnage indique par son attitude si l’action est bonne, à oublier ou à creuser, ce qui est plutôt intelligent.

Foundations

Un monde post-apo, une mission et un mur infranchissable. Foundations est un autre point&click également très court et ne fait encore une fois que présenter un univers qu’on aimerait voir plus développé, tant ce qu’on en voit est intriguant.

iD

iD est le dernier de la série, très sympa aussi, scénario intéressant, à part cette énigme du code qui m’a bien pris la tête. Un peu mou du circuit hydraulique avec ce robot qui met des plombes à bouger et la musique est très vite fatigante, mais à part ça c’est vraiment pas mal. Aussi court et réussi que les autres, quoi.

Among Thorns

Among Thorns, quant à lui, est payant : pour 3$, difficile de dire qu’on a beaucoup plus de contenu. Dans un monde cyberpunk, un virus contamine les implants et autres membres bioniques. C’est en pleine épidémie que le personnage est envoyé en mission pour voler des données. Comptez une demi-heure pour en faire le tour et finir sur un cliffhanger frustrant.

En résumé, Matt Frith fait du très bon boulot mais on attend toujours de lui un vrai jeu complet qui offre plus de trente minutes de gameplay. En attendant, je vous conseille d’enchainer les trois jeux gratuits qu’il a concocté, ça vous fera la soirée et vous verrez si vous vous sentez d’acheter Among Thorns pour encourager son travail. A noter aussi qu’ils sont entièrement en anglais.


Fanbots

Comme Landlord’s Dream (que j’évoquais dans la chronique précédente), du même auteur, Fanbots a été réalisé pour une Monthly Adventure Game Studio Competition, celle de juin 2015. Un groupe de robot débarque sur une planète abandonnée pour faire revivre leur sitcom préféré. Le pitch est surprenant mais le jeu est un P&C classique. Extrêmement court mais plus difficile que Landlord’s Dream, il joue sur les interactions entre robots pour résoudre les énigmes qui mènent à la renaissance d’Androids, une série apparue dans la série Red Dwarf. Très sympa à jouer, une ambiance graphique variée et réussie, de bonnes idées et une véritable fin, un petit jeu qui donne envie de voir ce que Christopher Sacchi pourrait faire avec plus d’ambition.

The Fickle Hands of Fate

Même auteur, même occasion, plus récent (mai 2017) et… moins bien. Moins joli, moins long (oui oui) moins d’interactions, moins intéressant avec son univers à peine esquissé. Décevant vu la qualité des autres.


Gibbous

Un point&click dans un univers Cthulhuesque ? Mais pourquoi les graphismes sont tous mignons ? L’ambiance est très réussie dans ce jeu made in Transylvanie, avec ces animations au poil, ces voix de qualité (dont celle du Witcher) et cet humour plein de références : « Lovecraft meets Day of the Tentacle » dit la description et au vu de la démo (disponible sur Itch.io), la référence aux jeux d’aventure des années 90 n’est pas anodine. Pas étonnant qu’il ait réussi son kickstarter. Il a en tous cas fini dans ma wishlist sur Steam.


Voilà, avec tout ça, vous en avez pour quelques heures qui vous emmèneront dans des univers variés ; n’hésitez pas à soutenir les artistes pour leur travail s’il vous a plu.

Si vous êtes plus du genre à apprécier les jeux qui vous filent les chocottes pour pas un rond, passez à l’article suivant.


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