Fran Bow – Un doudou d’enfer

Ah, le naïf que je suis. En lançant Fran Bow, je m’attendais à un point&click dessin animé classique, peut-être même avec de l’humour dedans. Je n’avais qu’à peine jeté un oeil au scénario et aux screenshots… Et j’ai tellement bien fait. C’était d’autant plus surprenant et l’expérience n’en a été que meilleure… bien qu’elle m’ait parfois choqué.

On découvre Fran, petite fille qui vit une nuit horrible lors de laquelle elle assiste à un spectacle traumatisant. Elle fuit, perd son petit chat et se retrouve prise en charge dans un hôpital psychiatrique pour enfants. Ok, ça va être une histoire triste alors. Sauf que non. Ce sera un bad trip sous acide chlorhydrique où la mort sera une menace moins horrible que certaines visions infligées à Fran.

C’est une petite fille plutôt dure à cuire ; exposée à tout ça, elle tiendra le coup et gardera la force de continuer, errant dans les bois, poursuivie par des créatures horribles, prisonnière des drogues, tenant tête à des siamoises pour sauver son chat et jouant avec les saisons dans un monde fééricauchemardesque où rien ni personne n’est fiable. Les adultes sont-ils tous pourris ? Et cette silhouette qui la suit dans l’ombre, ami ou ennemi ?

Le gameplay est classique pour un point&click mais dispose d’un petit twist très sympa à base de pilules, d’énigmes intéressantes à résoudre, de quelques mini-jeux disséminés au détour des chemins et de dialogues tantôt rigolos, tantôt flippants. La galerie de personnages rencontrés est assez hallucinante, allant de l’incroyable à l’indicible.

Les différents mondes traversés sont tous réalisés avec la même qualité, un sens du détail et des règles qui leur sont propres. Un scénario qui mêle le magique et le tragique, des scènes réellement marquantes, une grande réussite, un grand jeu. En plus il y a un chat dedans.

Je n’ai pas envie de trop en dévoiler, mais le rythme est parfaitement géré, avec quelques respirations bienvenues au milieu de l’horreur permanente. Mais le sang et la mort reviennent rapidement reprendre leur place, instillant une ambiance visqueuse d’où devra s’extirper Fran au prix de nombreuses expériences qui enverraient n’importe qui à l’hôpital psychiatrique… Mais n’est-ce pas déjà de là qu’elle cherche à s’échapper ?…

Ce jeu est réalisé par Killmonday Games AB et plus précisément par les deux talentueux suédois qui le composent, Isak Martinsson et Natalia Figueroa et dont c’est le premier jeu sur Steam et Good Old Games. Ils sont actuellement en train de réaliser un autre jeu, Different Universe qui devrait valoir le coup d’œil également. Sorti en août 2015 sur Steam à 15€, Fran Bow a eu l’honneur d’un Humble Monthly en 2016. Il m’a fallu près de 9h pour en venir à bout, ce qui est une durée de vie parfaitement honnête pour ce prix.

Je vous encourage sincèrement, profondément et avec toute mon empathie pour Fran à y jouer, si vous ne craignez pas les images dérangeantes, non pas par la présence de sang mais bien par leur côté profondément malsain. J’ai parfois été réticent à cliquer sur certains éléments, sachant par avance que je n’allais pas aimer ce que j’allais voir, mais cette direction artistique accompagne parfaitement un scénario que l’on prend un plaisir rare à découvrir.

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