Bulb Boy – Va te faire ampouler

5/10/2018

Je ne sais même plus comment je l’ai récupéré. Bundle ? Clé Steam mystère ? Tentative de corruption lors d’un Koh Lanta des Jeux Vidéo ? Va savoir. En attendant, je me suis retrouvé avec Bulb Boy sur mon compte Steam. C’est donc sans même connaître son genre ou ses qualités que je l’ai installé, un soir de novembre 2017.

Ça avait l’air tout mignon au départ. Bulb Boy est, comme son nom l’indique, un petit garçon à tête d’ampoule. Il est heureux, vivant avec son grand-père et son chien, dans leur maison-ampoule. Après l’intro, je retrouve le contrôle du curseur de la souris. Comme tout bon chasseur, je clique et Bulb Boy se déplace sur l’écran. C’est donc un point&click.

Vous n’irez plus au toilettes l’esprit tranquille.

Après avoir fait deux trois trucs un peu con comme débrancher la télé ou piquer le dentier du vieux, BB (ce sera plus simple) va se coucher… Et là, c’est le drame, comme on dit dans enquête de 60 minutes d’action exclusive. On passe d’une rigolote ambiance verdâtre à l’horreur la plus dégueulasse.

De la merde, du sang, des araignées, des tas de chairs informes, voilà le décor dans lequel vous allez évoluer durant les deux petites heures de jeu que propose Bulb Boy. Notre héros va devoir se frayer un chemin dans sa maison pour sauver son grand-père et va pour cela utiliser sa capacité à dévisser sa tête de son corps.

Ils pourraient ranger un peu quand même.

La lumière est gérée de façon intéressante, puisque c’est la tête du personnage qui va éclairer la plupart des lieux. On va explorer, se faire choper par des créatures infâmes, comprendre comment les esquiver, puis leur casser la gueule par des moyens détournés tout aussi répugnants.

Ne mangez pas pendant que vous jouez, ni juste avant de dormir, les images dérangeantes parsèment le jeu (je ne sais pas ce qui est le pire, l’intérieur d’un monstre plein de dangers organiques ou littéralement le monstre de merde qui sort des chiottes). On est épargnés par les jump scare mais j’avoue que je n’étais pas préparé à ce malaise ambiant qui s’accentue au fil de la progression.

Je n’ai pas d’explication rationnelle à ce screenshot.

Les énigmes ne sont pas difficiles, elles demandent parfois de la synchronisation et de la précision mais ne sont pas mémorables. L’histoire est un brin confuse, l’absence de tout texte n’aidant pas, et on ne comprend pas vraiment l’origine des horreurs indicibles qui viennent transformer la maison-ampoule en maison chair-de-poule.

C’est un jeu paradoxal, avec son dessin cartoon, son personnage principal pas encore adolescent et son gameplay casu qui plonge pourtant dans l’horreur crade et purulente. Je ne suis pas choqué facilement (j’ai déjà vu une fois la liste de jeux de Baalim) mais j’ai tout de même trouvé ce jeu dérangeant. On n’atteint pas les sommets de Fran Bow, que ce soit à l’écriture, au dessin ou au scénario, mais c’est un titre sans prétention trouvable pour moins cher qu’un pain au chocolat lors des soldes (et vendu 9€ sur Steam) qui propose une expérience surprenante et viscérale. Une bonne surprise à tenir éloignée des enfants.

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