L’anecdote intérieure #1

Quand je rentre chez moi, que je me pose après sept kilomètres d’effort, j’allume l’ordi après avoir fait un bisou à ma copine et caressé le chat. Ou l’inverse, ça dépend. J’engloutis une bouteille d’eau (bon, ça aussi, ça dépend) le temps du démarrage et je lance le combo navigateur + Steam.

Je parcours quelques sites le temps que Steam boot son gros cul puis je regarde par réflexe ma liste d’amis, afin de voir qui est connecté. Si Harvester est là, je l’insulte de façon préventive. Par réflexe également.

Sauf qu’hier, Steam décide d’être vilain. Tel un videur de boîte de nuit pervers, il me laisse gentiment rentrer mon mot de passe et prend le temps de me demander mon code Steamguard avant de me jeter dehors sans prévenir. Un vrai ninja.

Je ne m’en rends d’ailleurs pas compte tout de suite. C’est seulement quelques instants plus tard que je me retrouve à nouveau devant la porte d’entrée. Rebelote : mot de passe, Steamguard, ça mouline et toujours pas de connexion à mon compte.

Désolé, ça va pas être possible…

Ne pas pouvoir insulter Harvester est déjà une épreuve, mais ne pas avoir accès à ma biblio m’ennuie tout particulièrement ; j’ai des tests de visual novels pour public perverti et dépravé sur le feu. Qu’est-ce qu’on ne s’inflige pas au nom de l’information, je vous jure.

Je ne suis pas toujours quelqu’un de subtil. C’est donc comme un bourrin que j’applique le principe : si je le fais plein de fois, à un moment ça va passer. Méthode qui semble à la base de la stratégie commerciale des brou/teurs sauce Salakis, des mecs qui jouent de l’accordéon dans le métro et des témoins de Jéhovah. J’ai appris des meilleurs.

Étonnamment, ça ne fonctionne pas. Je reviens invariablement sur l’interface de connexion. Mon compte se serait-il fait carjacker comme une vulgaire Fiat Panda ? Peu probable, on m’indiquerait plutôt un mot de passe incorrect. Là, le videur ninja préfère ne rien dire. Aucune info ni message d’erreur #jesuispasunepoukave.

Je commence à être un peu frustré. Ce ne sont pas les demoiselles en petite tenue qui me manquent à ce point mais plutôt ne pas comprendre ce qu’il se passe et comment régler le problème. Au milieu des erreurs de bundles, j’ai quand même deux – trois bons jeux dans ma bibliothèque dont j’aimerais pouvoir profiter, si par hasard me venait l’envie saugrenue d’y jouer.

Je commence doucement à m’énerver…

Testons d’abord Steam sur mon navigateur. Pas de souci, connexion rapide, ça se confirme : le problème ne vient pas de mon compte. Le client Steam commence donc à suer à grosses gouttes tandis que je lui jette un regard accusateur. Tout le désigne, il se sait repéré et je me dit que c’est le moment de réessayer. Toujours rien…

L’avantage c’est que je peux tout de même accéder au chat Steam. J’en profite pour insulter Harvester. Ça soulage, je vous invite à essayer, vous verrez. Je dérange quelques personnes qui n’avaient rien demandé sur le sujet et je me tourne en désespoir de cause vers l’ami de notre enfance, Google.

Je déniche un sombre sujet sur reddit créé moins d’une heure plus tôt et bingo : une solution. Ce serait lié à la bêta de Steam, un simple fichier à supprimer. Tout content d’avoir un plan, je m’exécute.

Ah, la philosophie sur Internet, que ferais-je sans elle...
Ah, la philosophie sur Internet, que ferais-je sans elle…

Retour au login, mdp, steamguard, croisage de doigts, battement de pied sur le sol : ça ne marche pas… Mais pour une autre raison : « trop d’essais ont échoué récemment, veuillez réessayer plus tard ».

Fumée qui sort des oreilles, hurlement primaire suivi du secondaire quand le matou apeuré fuit la pièce en me labourant les cuisses sur lesquelles il s’évertuait à répandre ses poils, douleur, du coup je vais me chercher une bière. L’alcool, la cause et la solution à tous nos problèmes dans la vie. Merci Homer Simpson.

Un petit quart d’heure plus tard, tout fonctionne, j’ai enfin accès à ma bibliothèque. J’insulte Harvester pour fêter ça et c’est la fin de mon épopée. Le chat est revenu quelques heures plus tard me remettre une couche de poils. Sans doute sa façon de s’excuser. Saloperie de poilu.

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